Voyage sur le Littoral nord du Pérou : séjours et guide, information, tourisme

Voyage Littoral Nord, Pérou. Information & tourisme.

Géographie, climat, histoire, fêtes, patrimoine, musées, monuments, hôtels, transports, environs.

TRUJILLO - VOIR NOTRE DOSSIER SPECIAL

Fondée le 6 décembre 1534 par le conquistador Diego de Almagro, un des compagnons d’armes de Pizarro, Trujillo est la capitale du département de La Libertad et l’une des trois plus grandes villes du Pérou. Son nom est un hommage à la ville de naissance de Pizarro, située dans la région espagnole d’Extrémadure. Le lieu choisi pour sa création fut la vallée du río Moche, où se trouvent les temples mochicas de la Lune et du Soleil, ainsi que la cité chimu de Chan Chan. Pendant la période coloniale la ville connut un essor économique grâce à l’exploitation agricole du blé et de la canne à sucre, exportés via son port par lequel transitait la majeure partie du commerce du nord du pays. Au moment des guerres d’indépendance, Trujillo fut la première ville péruvienne à se proclamer libre.

TUMBES

C’est à Tumbes que se termine la côte désertique du pays et s’ouvre le delta du fleuve Tumbes. Avant la conquête du Pérou par les Espagnols, cet endroit de l’extrême nord péruvien appartenait au royaume Chimú, puis fut incorporé à l’empire inca par Túpac Yupanqui. C’est ici, plus précisément dans la crique de la Cruz, que Pizarro et ses troupes débarquèrent pour conquérir le pays en 1528. Les grands attraits touristiques de Tumbes se trouvent principalement dans ses alentours, sa zone maritime, ses plages, ses ports et parcs naturels comme le Parc national Cerros de Amotape. En direction du sud on trouve une série de magnifiques plages de sable blanc, comme celles de Punta Sal où se pratiquent la pêche sportive et la plongée.

MANGLARES DE TUMBES - VOIR NOTRE DOSSIER SPECIAL

Le Sanctuaire National Los Manglares de Tumbes est composé de mangroves qui abritent au gré des marées une immense biodiversité. Poissons, amphibiens, reptiles et oiseaux y trouvent un refuge unique, dont les conditions bioclimatiques sont optimales pour vivre. 

PUERTO PIZARRO

Puerto Pizarro est une station balnéaire située à 13 km de la ville de Tumbes. Elle est prisée par les windsurfers en raison de la faible profondeur de l’eau le long de ses plages. Les gourmets aussi y trouveront leur bonheur et apprécieront les riches traditions culinaires de poisson et de fruits de mer. C’est une bonne base de départ pour visiter les parcs naturels des alentours. On peut aussi y louer les services de barques pour se promener sur les îles voisines, les îles de l’Amour et de l’Os de baleine.

MANCORA - VOIR NOTRE DOSSIER SPECIAL

Petite ville balnéaire située le long de la route Panaméricaine Nord, Mancora est avant tout réputée pour ses plages de sable blanc et ses eaux chaudes. La ville était à l’origine un petit port de pêche. Il y fait sec, beau et chaud presque toute l’année. Elle attire chaque année plus de visiteurs péruviens et étrangers, notamment surfeurs. A proximité se trouve le Parc National Cerros de Amotape, qui abrite la riche faune et flore de la région.

PIURA

Plus au nord, au-delà de la plaine désertique de Sechura se trouve Piura, la capitale du département du même nom, frontalier du département de Tumbes et de l’Equateur. Fondée par Pizarro en 1532, c’est la ville coloniale la plus ancienne du Pérou. Une grande partie de son patrimoine historique fut détruit par un tremblement de terre en 1912 mais on y trouve une belle place d’arme où se dresse la cathédrale, ainsi que la maison où naquit Miguel Grau, héros de la Guerre du Pacifique, aujourd’hui transformée en musée. Dans les alentours de la ville, s’égrainent le long de la côte quelques magnifiques villages de pêcheurs et de petite villes portuaires : Cólan et ses maisons de bois montées sur pilotis, ou encore Paita et Cabo Blanco où se pratique la pêche en haute mer. Plus proche de Piura, on trouve le village de Catacaos réputé pour son artisanat d’or, argent, osier, cuir ou bois, ainsi que pour sa tradition gastronomique. Le village de Chulucanas est quant à lui réputé pour sa maîtrise de l’art de la céramique.

NARIHUALA

Le site archéologique de Narihuala est situé dans la vallée de Piura. Ses vestiges montrent qu’il fut un centre administratif et religieux important de la culture Tallán, qui se développa de 100 à 1.200 après J.-C. On peut observer de grandes constructions en briques rectangulaires, principalement à fonction résidentielle. L’analyse de leurs vestiges montre une organisation en caste, avec des quartiers d’artisans bien délimités des dignitaires. Les réalisations en argent sont assez similaires aux œuvres des cultures Lambayeque et Chimú.

Les céramiques montrent d’ailleurs que le style Tallán fut au fil des siècles remplacé par celui des Chimús. Des inondations répétées du rio Piura suite à des précipitations très fortes ont malheureusement beaucoup abîmé le site. De plus, les nombreuses tombes ont été pillées au fil des siècles. Une chapelle a été construite au sommet du site en 1913, ainsi qu’un cimetière en 1925. Mais le lieu reste le mieux conservé, puisque des habitations ont dénaturé le plan initial des autres Huacas de la zone ; Simache à 3 km, Shaz à 600 m ou encore La Ardilla plus au sud-ouest.

CHICLAYO - VOIR NOTRE DOSSIER SPECIAL

Capitale du département de Lambayeque, Chiclayo est l’autre grande ville côtière du nord du Pérou. Sa position géographique en fait le centre du trafic commercial du nord péruvien et le nœud de communication entre la côte, la sierra septentrionale et la forêt. Elle est surnommée la cité de l’amitié en raison de la réputation d’amabilité de ses habitants. Son marché Modelo, surnommé le marché des sorcières, vend toutes sortes d’ingrédients utilisés dans la médecine traditionnelle et les rituels des chamans. Le village de Lambayeque et son musée Tumbas Reales de Sipán se trouvent à seulement 11 km de la ville de Chiclayo.

MUSEE BRUNING

Le Musée Bruning a été ouvert en 1966 dans la ville de Lambayeque pour exposer les travaux de l’archéologue Hans Heinrich Brüning. Une salle est d’ailleurs dédiée à l’entrée du musée aux travaux menés pendant 50 ans par ce spécialiste des cultures précolombiennes. 1 400 pièces archéologiques exposées sur quatre étages invitent à se plonger dans les cultures Lambayeque, Moche, Chavín, Vicús et Inca. La salle dédiée à l’orfèvrerie est une des plus riches du continent, avec 500 objets d’or et métaux précieux, en partie découverts dans la tombe du Seigneur de Sipán.

Aux 3e et 4e étages, la salle d’évolution culturelle des régions du nord expose de façon didactique les principaux traits propre à chaque culture ; art, danse, musique du folklore, religion et chamanisme ; autant de thèmes approfondis dans la salle multimédia. Sont également reconstituées de façon parfois interactive des scènes traditionnelles d’agriculture, confection de céramique, pêche sur un caballo de totora, édification de pyramide, rituel de curandero, tissage, ou encore fabrication de la chicha, boisson prisée dès les Mochicas.

HUACAS CHOTUNA-CHORNANCAP

Situé à 7 km de la ville de Lambayeque, le complexe archéologique de Huaca Chotuna-Chornancap s’étend sur 95 hectares. Ses pyramides, dites huacas, sont des œuvres de la culture Lambayeque, ou Sicán, qui a étendu son influence entre 750 et 1350 après J.-C. dans les régions de Piura, Cajamarca, Lambayeque et La Libertad. La plus grande pyramide du complexe, la Huaca Chotuna, atteint 40 m de haut. Les archéologues pensent que sa rampe d’accès située à l’ouest desservait les ateliers d’artisanat, tandis que la façade principale à l’est était le centre administratif où se recevaient aussi les offrandes rituelles.

L’archéologue Christopher Donnan a découvert en 1982 de somptueuses fresques peintes avec des pigments minéraux à 2 m du sol à l’intérieur de la Huaca Chornancap, sa voisine. On peut aussi admirer la Huaca de los Frisos, sorte de pyramide tronquée plus modeste, qui doit son nom à sa très belle frise en relief peinte en jaune.

Le Musée de site de Chornancap  explique la découverte de la tombe d’une jeune prêtresse en 2011. La richesse de son trésor funéraire a beaucoup contribué à la connaissance de la culture Lambayeque. Enterrée avec huit compagnons, elle était entourée de riches céramiques et textiles, sans compter ses nombreux colliers, bracelets et boucles d’oreille de pierres, métaux précieux et coquillages spondylus. Son sceptre, son masque et sa couronne d’or confirment sa noble lignée.

BATÁN GRANDE

Créé en 2001, le sanctuaire historique Bosque de Pómac s’étend sur 5.888 hectares. Il comprend le site archéologique de Batán Grande, à 36 km de Chiclayo, dans le district de Pítip. Ce sanctuaire, voisin de la forêt de Pómac, se compose de 36 pyramides parmi lesquelles on compte la célèbre tombe du seigneur de Sicán en 1995, ainsi que la Huaca La Ventana. Il peut se visiter toute l’année, mais il est plus agréable de le faire hors de la saison des pluies qui s’étend de janvier à mars.

La forêt de Pómac abrite plus de 100 espèces d’oiseaux, dont 17 sont endémiques, comme l’hirondelle de Tumbes et une sorte de passereau appelé la cortarrama péruvienne. On peut aussi y observer divers reptiles et mammifères protégés, tels que le boa constrictor, l’iguane ou l’écureuil à nuque blanche. Certains caroubiers, dits algarrobos, sont centenaires. Le mirador de Las Salinas offre une vue d’ensemble sur cette forêt sèche, qu’il est possible d’explorer via les sentiers de la Cortarrama, ou du río Viejo qui longe le centre historique d’apiculture Karl Weiss.

TUCUME

Le site archéologique de Túcume se trouve à 33 km au nord de Chiclayo, dans la vallée de La Leche. Surnommé Purgatoire, il rassemble 26 pyramides précolombiennes massives. Le site aurait été choisi par la culture Lambayeque dès l’an 1.000 après J.-C., suite à l’abandon du site de Batán Grande sur les rives du río Chancay. Investi par la culture Chimú en 1370, puis les Incas à partir de 1470, il est définitivement abandonné lors de l’invasion des Espagnols en 1532. Selon une chronique écrite par Cabello de Balboa en 1586, le fondateur de la dynastie Lambayeque tenait sa légitimité de sa filiation directe avec le héros mythique Naymlap, qui serait arrivé de la mer pour édifier le premier temple au pied de la montagne de La Raya. C’est à l’instigation de Thor Heyerdahl qu’un musée fut créé sur site pour abriter les pièces principales découvertes dans les Huacas.

La plus haute des pyramides, appelée Huaca Larga, culmine à 40 m de haut pour une base de 450 m sur 100 m. Remaniée et agrandie au cours des siècles, elle est surmontée par le temple inca de la pierre sacrée. Chaque pyramide se caractérise par sa plateforme à fonction religieuse, accessible par une longue rampe inclinée. Construites en adobe, sorte de pisé qui mêle de la boue à de la paille, elles ont malheureusement été très érodées par les pluies abondantes de cette région, au climat tropical. De superbes hauts-reliefs décrivent des scènes mythiques et quotidiennes, avec les dieux vénérés, les barques de totora ou encore des scènes de sacrifice. On y trouve également la tombe d’un gouvernant entouré de 2 hommes et 19 femmes offerts en sacrifices avec des coquillages spondylus, des camélidés et de très belles pièces d’orfèvrerie.

La Huaca Las Balsas se trouve à l’extrêmité sud ouest du complexe de Tucume. Construite à distinctes époques successive, elle se démarque par la beauté de ses fresques murales, dont les pigments de couleur ont résisté à l’érosion grâce à l’ensevelissement régulier sous de nouvelles constructions. Des décorations en bas relief ornent aussi les murs, avec des symboles mythiques qui donnent des indications sur les croyances de l’époque. On distingue une partie résidentielle, avec son foyer et son enclos pour les animaux.

MUSEE SICAN, LAMBAYEQUE

Le Musée National Sicán, situé à 30 minutes de Chiclayo sur la route vers le sanctuaire de Pómac, a été inauguré en 2001 grâce à des financements japonais. Il expose nombres d’œuvres de la culture Sicán Lambayeque, restée à l’ombre des cultures Moche et Chimú, longtemps puissantes dans la région. Après une introduction à l’histoire de la culture Sicán qui s’est développée de 700 à 1.375 après J.-C., la première salle explique dans le détail leurs traditions sociales, culturelles et religieuses. Les salles suivantes, dite des tombes, des céramiques et des trousseaux, présentent les chefs d’œuvres d’artisanat sicán, dont le célèbre couteau de sacrifices appelé tumi et le masque aux yeux ailés, tous deux en or massif.

On peut aussi admirer des bijoux de la tombe du Seigneur de Sicán, découverte dans le sanctuaire voisin de Pómac, et dont la plupart des atours sont exposés dans le musée qui lui est exclusivement dédié. Ce musée, fruit du projet Sicán lancé en 1978 par le professeur Izumi Shimada, fut le premier travail archéologique d’une telle envergure dans la zone. Il fut mené sur 30 ans par une équipe interdisciplinaire d’experts du monde entier, spécialisés en chimie, géologie, anthropologie, ethnographie, paléontologie ou encore zoo-archéologie. Il a notamment bénéficié du soutien des universités américaines de Princeton, Harvard et Illinois, de la Fondation National Science, de la Société National Geographic Society et de l’entreprise Tokyo Broadcasting System.

MUSEE DES TOMBES ROYALES DE SIPAN

Le Musée des Tombes Royales de Sipán est abrité par une grande pyramide rouge conçue en 2002 par l’architecte Celso Prado Pastor. Il est dédié à la magnifique tombe du Seigneur de Sipán, découverte en 1987 par Walter Alva Alva et Luis Chero Zurita. La visite des 3.000 m² d’exposition commence au 3e étage, accessible par une rampe inclinée de plus de 74 m de long, imitation de l’architecture moche. Au second étage, la salle royale mochica présente la dépouille funéraire du Seigneur de Sipán, fidèlement reconstituée dans sa splendeur originale avec ses riches vêtements de guerrier, son pectoral et ses 400 bijoux d’or et coquillages, et toutes les offrandes enterrées à ses côtés dans la chambre mortuaire pour accompagner le souverain.

Tout au long de la visite sont présentés successivement dix thèmes majeurs : la culture Mochica, le sanctuaire et les croyances mochicas, les fouilles archéologiques, les tombes du souverain, de son prêtre, de son ancêtre et d’autres dignitaires, les techniques de restauration, le pillage et les récupérations, et enfin la reconstitution de la cour royale, où 35 mannequins suggèrent le faste de l’époque. Un pavillon dans le jardin explique les diverses cultures des quatre régions du nord : Piura, La Libertad, Amazonas et Cajamarca. Le musée compte aussi une bibliothèque, un jardin botanique avec les plantes alimentaires et médicinales des Mochicas et même un tout petit zoo, une reconstitution vivante de l’érection des pyramides ou encore des ateliers d’artisanat.

HUACA RAJADA

La Huaca Rajada est le site funéraire majeur de la culture Moche, sur le littoral nord du Pérou. C’est en 1987, près de Sipán dans la région de Lambayeque, que Walter Alva a fait la majeure découverte archéologique du siècle :  la tombe du Seigneur de Sipán, somptueusement enterré au IIIème siècle au milieu de parures, offrandes, de deux couples humains et même d’un chien. Les fouilles continues depuis cette date ont permis de retrouver une quinzaine de chambres funéraires disposées sur plusieurs étages selon leur ancienneté, dont les spectaculaires tombes du vieux seigneur de Sipán qui remonterait au I er siècle, ainsi que du prêtre guerrier, qui donne beaucoup d’indication sur les rituels de l’époque. On peut admirer les vestiges découverts sur place dans le petit musée de site, ainsi qu’à Lambayeque dans le grand musée des Tombes Royales de Sipán.

MUSEE DE LA HUACA RAJADA SIPAN

Le Musée de Huaca Rajada Sipan a été créé en 2010 près du site de la Huaca de La Luna. La première salle expose des céramiques de la culture Mochica, ornées des motifs typiques du serpent et de l’escalier. Des scènes de chasse, de combats, de rituels religieux et de consommation de feuilles de coca permettent de comprendre un peu mieux la vie de cette époque. Joyau de l’exposition, un canard en céramique noire, incrusté de nacre. La seconde salle présente le résultat de 20 ans de fouilles dans les tombes de la Huaca de la Luna, notamment les sublimes parures de cérémonie. La troisième salle, enfin, montre les vestiges trouvés dans la cité mochica ; céramiques, textiles ou instruments de musique précolombiens.

HUACA VENTARRON

La Huaca Ventarrón se trouve à mi chemin entre Chiclayo et Sipán, à 15 minutes de chacun des sites. est étudiée par l’archéologue Walter Alva à partir de 2007  Le complexe archéologique s’étend sur 2.500 m2 dans la vallée, et a plus de 4.500 ans. Contemporain de Caral, c’est ainsi l’un des vestiges les plus anciens de tout le continent américain. Les fresques murales sont étonnament bien conservées; un dessin multicolore représente un filet de chasse et un cerf, tandis qu’un mur est rayé de grandes bandes obliques rouges et blanches. Des ossements de singe, perroquet et de coquillages typiques de l’Equateur laissent penser à des échanges de marchandises dès ces temps anciens. Un autel servait peut être au culte du feu et de l’eau. 

PAMPA GRANDE

Le complexe archéologique de Pampa Grande fut le centre urbain principal du littoral nord, avec plus de 15 000 habitants au VIIIe siècle après J.-C. Construit au pied de la montagne dite des gentils, le site de Pampa Grande fut stratégiquement choisi à l’apogée de la culture Moche en raison du contrôle qu’il donne sur six petites vallées et leurs cours d’eau. Tout le site est surplombé par la pyramide fortifiée d’adobe qui culmine à 38 m. Résidence des seigneurs de Sipán lors de la dernière période de la culture mochica, il semble que ce fut également un lieu de culte, comme le suggère la découverte des ossements d’un enfant et de trois camélidés qui pourraient provenir de sacrifices. Des rampes de plus de 10 m de long délimitent les différentes plateformes des Huacas principales et secondaires. Il est possible d’identifier deux secteurs sur cette zone archéologique de 676 hectares. Le piémont nord renferme les résidences monumentales des élites et les ateliers d’artisanat (vestiges de céramique, orfèvrerie, textile, travail du spondylus et production de chicha), tandis que la zone sud est composée de huacas et de patios plus modestes. On a retrouvé des ustensiles domestiques comme des cantaros, des mortiers ou des plats de céramique souvent de style gallinazo. On peut en déduire que la population appartenait peut être en majorité à l’ethnie gallinazo, mais vivait sous la coupe d’une élite mochica.

SAN JOSE DE MORO

Le site archéologique San Jose de Moro est un des plus grands cimetières Mochicas, qui a accueilli des sépultures pendant des siècles. Au fil de l’histoire, on observe diverses modalités de constructions, en monticule au-dessus de niches d’adobe qui atteignent souvent 9 mètres sous terre. Les découvertes les plus spectaculaires concernent deux tombes de prêtresses.

HUANCHACO - VOIR NOTRE DOSSIER SPECIAL

Huanchaco est une cité portuaire historique à 14 km au nord-ouest de Trujillo. Son nom aurait pour origine le mot mochica Huaycocha, qui signifie lagune aux poissons dorés. Village de pêcheurs devenu le port principal de la région dans les cultures Moche et Chimú, c’est aujourd’hui une station balnéaire pittoresque très prisée, notamment pour ses compétitions internationales de surf. On peut d’ailleurs voir dans les petites embarcations de paille appelées caballitos de totora, l’origine lointaine du surf il y a plus de 4.000 ans. Après une période de croissance suite au déplacement de la population de Mansiche au XVIe siècle, Huanchaco décline avec la construction du port de Salaverry en 1870, et ce, malgré la création de son quai long de 108 m en 1891. L’église coloniale, qui surplombe la ville, renferme la statue de la Très Sainte Vierge du Secours envoyée le 2 février 1537 par le roi Charles Quint. Première image sacrée européenne sur le continent américain, elle aurait selon la légende les traits de sa mère Jeanne la Folle.

SITE ARCHEOLOGIQUE DE CHAN CHAN

Avec ses 28 km² qui accueillaient plus de 50 000 habitants à son apogée, le site de Chan Chan est la cité précolombienne d’adobe la plus étendue du monde. Patrimoine Culturel de l’Humanité depuis le 28 novembre 1986, elle fut créée en 1 300 avant J.-C. sur d’anciens marais salants pour servir de capitale au royaume Chimor. On peut toujours admirer les vestiges d’une dizaine de palais et de mausolées de l’élite de la culture Chimú. L’immense enceinte d’adobe est ornée de hauts-reliefs géométriques et zoomorphes.

On peut noter la prééminence des pélicans, loutres, vagues et poissons en argile sur les murs, symboles sacrés du culte voué par les Chimú à la mer. Les citadelles plus anciennes et simples de Chayguac et d’Uhle côtoient les palais somptueux du Laberinto et du Gran Chimu, édifiés entre le XIIe et le XIVe siècle. Plusieurs fouilles archéologiques successives furent menées dans la vallée de Moche, avec le péruvien Francisco Emilio Iriarte Brenner dès 1964 puis l’équipe du projet Chan Chan lancé en 1972 par Harvard.

Le Musée de Chan Chan expose une partie de leurs découvertes. Les 2 premières salles retracent l’histoire de la région de Libertad, en expliquant les savoir-faire en agriculture, pêche, orfèvrerie, céramique et textile des cultures Moche et Chimu. Dans la troisième salle, une maquette et une vue aérienne permettent d’avoir une compréhension d’ensemble du site. La quatrième reconstitue un bateau de pêche en totora et le travail du guérisseur traditionnel.

SITE ARCHEOLOGIQUE DE L'ARCO IRIS

Le site archéologique de l’Arco Iris se trouve dans le district de La Esperanza, au bord de la route panaméricaine. Il est indistinctement appelé temple de l’arc en ciel ou du dragon, en référence aux motifs qui ornent en bas-relief ses murs d’adobe hauts de 7 m. Cette muraille de 60 m sur 54 m est un chef d’œuvre de la culture Chimu. L’arc-en-ciel, symbole de fertilité, est souvent accompagné de deux serpents, signe de la dualité qui régit l’univers.

HUACA DE LA LUNA ET HUACA DEL SOL

Les Huacas du Soleil et de la Lune sont de grandes pyramides d’adobe situées à 5 km au sud de Trujillo, sur un site stratégique qui contrôle la vallée du fleuve Moche. Cette capitale de la culture Moche de 100 à 700 après J.-C. avait une fonction plus administrative que religieuse. La Huaca del Sol, aussi appelée Pachacamac, mesure 40 m de haut, avec une base de 340 m sur 160 m. Hélas, les deux tiers de la structure originelle ont été détruits pas les colons qui ont détourné en 1604 un bras du fleuve voisin pour faire tomber ses enceintes et accéder à ses trésors.

La pyramide attend pour livrer ses secrets qu’une équipe d’archéologues entreprenne des fouilles approfondies. La Huaca de la Luna se dresse face à la Huaca del Sol, au pied de la montagne du Cerro Blanco. En meilleur état de conservation, elle est explorée scientifiquement depuis 1991 sous le patronage de la Fondation Backus. Elle mesure à sa base 290 m sur 210 m, et comprend trois plateformes et quatre places de cérémonie. Elle se démarque par la beauté de ses bas-reliefs polychromes et le nombre important de ses sacrifices humains, plus d’une centaine en tout.

SITE ARCHEOLOGIQUE DU BRUJO

Le site archéologique du Brujo est un centre de cérémonies de la culture Moche composé de 4 édifices qui se sont superposés au fil du temps, avec la culture Lambayeque utilise le lieu de culte comme cimetière, puis les dominicains espagnols y font construire une chapelle qui sera détruite par le tremblement de terre de 1619. Les fouilles archéologiques lancées en 1990 avec la Fondation Wiese permettent d’explorer la grande place cérémoniale, de 140 m sur 66 m, au sommet de laquelle on accède par une rampe. La première construction Moche, qui possède une surface de 96 m sur 76 m, date de 200 après J.-C.. Elle possède des colonnes ornées de poissons le long de son mur de 15 m de haut.

En 300 après J.-C., une seconde construction recouvrit le premier temple pour abriter la tombe de la dame de Cao par une enceinte où figurent des dessins polychromes de raies et poissons chats. On peut aussi admirer une scène de sacrifices de prisonniers au nord ouest, 24 duels guerriers à l’ouest et une sorte de calendrier rituel au nord, aux côtés d’une femme munie de deux massues, comme la dame de Cao. En 450 après J.-C., la troisième construction ajoute encore 7 m à la façade, qu’elle peint en ocre avant de mêler le blanc, le rouge et le jaune, puis du relief pour les fresques de prisonniers, danseurs et sacrifices. La quatrième construction, qui date de 550 après J.-C., est la plus exposée et abîmée par l’érosion.

MUSEE DE LA DAME DE CAO

Le musée de la dame de Cao, situé juste en face de la Huaca Cao Viejo, est composé de six salles exposant les fouilles archéologiques réalisées aux alentours. Céramiques, calebasses, textiles et paniers sont d’abord présentés chronologiquement jusqu’aux objets religieux coloniaux découverts dans la chapelle de l’esplanade. Remarquons notamment l’idole en bois de 2,5 m de haut retrouvée enterrée sous un rempart dans la troisième salle, ainsi que les reconstitutions des sacrifices humains dans la quatrième salle, la tombe d’une dignitaire Moche dans la cinquième, et la fameuse momie de la dame de Cao dans la sixième. Sa découverte par l’équipe de Régulo Franco Jordán en 2006 a révolutionné la compréhension de cette culture précolombienne, notamment au sujet des connaissances techniques et de l’organisation sociale.

Lourd de 120 kg, son fardeau funéraire comprend 26 enveloppes de tissus précieux dont l’une atteint 70 m de long. Les motifs zoomorphes et géométriques tatoués sur ses bras et jambes marquent son rang social élevé et sa fonction de chaman. Elle est entourée de céramiques Moche et Gallinazo qui dépeignent finement des cultes religieux et des scènes de combat. Ses couronnes, importants marqueurs de rang social, sont similaires à celles du Seigneur de Sipán. L’opulence de ses ornements et bijoux (dizaines de boucles d’oreille et de nez, de colliers d’or et de pierres précieuses, accompagnés de massues et propulseurs de flèches) prouve que certaines femmes occupaient alors des fonctions clés politiques, militaires et religieuses.

GÉOGLYPHES DE PAMPA COLORADA

Les Géoglyphes de Pampa Colorada utilisent la même technique que celles de Nazca ou de Palpa, et sont d’ailleurs sûrement l’oeuvre de cette même culture. Les cailloux sombres qui couvrent cette étendue désertique ont été écartés par endroit, laissant apparaître le sol plus clair, qui dessine par contraste le motif voulu. Il est essentiel de ne pas bouleverser cet équilibre fragile maintenu grâce à l’aridité du climat en s’approchant trop. En gravissant la colline voisine, on distingue le tracé d’un corps humain debout, avec un petit animal au-dessus de son épaule gauche. 

SITE ARCHÉOLOGIQUE DE SECHÍN

Le site archéologique de Sechín se trouve sur le littoral péruvien, à 5 km de Casma dans la région d’Ancash. Découvert par l’archéologue Julio César Tello en 1937, les études montrent qu’il a été la capitale de la culture Sechín. Sur un hectare, deux édifices et deux plateformes entourent la construction principale rectangulaire où un double escalier menait à 4 m de haut. Toute sa façade est entourée d’immenses monolithes de pierre plate, gravés de bas reliefs qui représentent des sacrifices rituels, avec des prêtres guerriers et leurs victimes. Datés de 2.000 avant J.-C., ils précèdent l’apparition de la culture Chavin dans la région. Le musée de site Max Uhle expose quelques découvertes faites lors des fouilles. On appelle le site Cerro Sechín pour le distinguer des autres  vestiges archéologiques de la même culture situés dans la vallée de Casma : Sechín Alto plus au sud est, et le site de Sechín Bajo découvert sur l’autre rive du rio près du Cerro Sechín en 1990.

SITE ARCHÉOLOGIQUE DE CHANKILLO

Chankillo est situé dans le désert du littoral nord du Pérou, près du lit de la rivière Casma Sechin. Ce serait le premier observatoire solaire connu du monde précolombien, bâti il y a plus de 2300 ans. La ligne de treize tours sépare des fortifications d’une place bordée de constructions en retrait de l’observatoire. Depuis l’observatoire ouest, on voit le soleil se lever juste dans l’axe de la première tour au solstice de juin, entre les tours du milieu le jour de l’équinoxe, et au niveau de la dernière tour pour le solstice de décembre.