Voyage dans la region de Cusco, Pérou : séjours et guide, information, tourisme

Région de Cusco, Machu Picchu

Découvrez la région de Cusco, avec outre la ville de Cuzco, les sites exceptionnels de la Vallée Sacrée ou le Machu Picchu.

CUSCO - VOIR DOSSIER SPECIAL

Située à 3 400 m d’altitude dans une vallée, Cusco (nombril en quechua) est la capitale et le cœur historique de l’empire inca. On trouve dans ses environs nombre des vestiges archéologiques incas les plus importants du Pérou. La ville elle-même mêle entre ses rues pavées des bâtiments incas, comme Qoricancha et le palais de l’Inca Roca, avec des bâtiments de style colonial imprégné de baroque andin, comme la Cathédrale ou l’église de la Compagnie de Jésus. Cusco a été déclarée Patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO en 1983.

AGUAS CALIENTES - VOIR DOSSIER SPECIAL

Ce petit village, aussi appelé Machu Picchu pueblo ou Machu Picchu station, est le centre urbain le plus proche des ruines du Machu Picchu. C’est là que se terminent les lignes de chemin de fer en provenance de Cusco et Ollantaytambo, en faisant le camp de base habituel des voyageurs à destination de la vallée sacrée et ses environs. La ville tire son nom des sources thermales d’eau chaude très réputées qu’on y trouve.

SANCTUAIRE DU MACHU PICCHU - VOIR DOSSIER SPECIAL

Les paysages de montagnes et de forêts qui l’entourent la citadelle du Machu Picchu ajoutent au mysticisme qu’il dégage. Ils sont d’ailleurs classés pour leur biodiversité phénoménale, notamment en ce qui concerne les orchidées et colibris.

OLLANTAYTAMBO

Ollantaytambo se situe à l’extrémité ouest de la Vallée sacrée, à 76 km au nord-est de Cusco. Son nom veut dire auberge d’Ollantay en Quechua. En surplomb du río Urumbamba, il domine les trois profondes vallées où passe le chemin d’accès au Machu Picchu, ce qui fait de lui un emplacement stratégique. Il fut le siège de combats acharnés entre Incas et Espagnols et l’Inca Manco Capac s’y replia en 1536 pour fédérer la résistance inca après la chute de Cusco. Ce village est l’un des seuls à avoir conservé quasi intacte l’organisation urbaine inca. Les bâtiments sont agencés en épi, autour de petits canaux en pierre de taille qui desservent les rues et les patios. On compte une quinzaine de pâtés de maisons historiques, dans le quartier le plus ancien, situé au nord de la place du village. Ailleurs, les maisons coloniales sont aussi bâties sur de superbes murs incas, avec des blocs de pierres finement assemblés. La place centrale, avec ses 15 angles de pierre, a la forme d’une étoile. Le village a été nommé capitale mondiale de l’indianité en 1995.

FORTERESSE D'OLLANTAYTAMBO

La forteresse d’Ollantaytambo abrite des terrasses sur plusieurs niveaux, du côté du ravin et de la vallée. Le mur du dernier rempart abrite dix niches orientées vers Cusco, qui renfermaient peut être des idoles en or à l’époque inca. Les fondations, protégées par une épaisse muraille, sont dominées par le temple du Soleil, un chef d’œuvre architectural de six blocs de pierre de porphyre rouge de plus de 5 m de haut, parfaitement encastrés les uns aux autres et pesant jusqu’à 50 tonnes. La façon dont ils furent transportés sur 6 km depuis les carrières reste encore assez mystérieuse. Encore en construction lors de l’attaque des Espagnols, elle ne fut jamais terminée.

RUINES DE PUMA MARCA

Les ruines de Puma Marca se trouve à 3.400 m d’altitude, à mi-chemin entre Ollantaytambo et Huilloc. De taille assez modeste, les fondations sont assez bien préservées, grâce à l’ajustement rigoureux des blocs de pierre caractéristique de l’architecture inca. On ne connaît pas la fonction exacte de Puma Marca, mais l’épaisseur des fondations laisse penser qu’il s’agissait d’un point de contrôle fortifié sur la route de la Vallée Sacrée. Il est possible d’y accéder depuis Ollantaytambo en 5h aller-retour de marche le long du rio Patacancha. Le chemin est surplombé par des terrasses de culture inca toujours utilisées, dont les champs sont plantés de maïs, haricots et céréales.

CHINCHERO

Chinchero est un petit village à l’entrée de la Vallée sacrée, à 27 km de Cusco en direction d’Urubamba, au pied des sommets de Salkantay, Verónica et Soray. Son nom vient du mot quechua sinchi, qui veut dire courageux. Pour les Incas, il a vu naître l’arc en ciel au pied du sommet enneigé du Chicón. Une légende inca raconte que les deux lacs voisins Piuray et Huaypo, à 2,5 km au sud ouest sur la route de Maras, sont les deux enfants de Manco Cápac, transformés ainsi pour avoir poursuivi le soleil à son coucher.

Les habitants de Chinchero sont particulièrement attachés à leurs racines et aux coutumes de leurs ancêtres. On peut y profiter d’une foire rurale le dimanche, ainsi que de belles démonstrations de tissage, avec l’utilisation de teintures naturelles. Le village mêle le patrimoine archéologique inca à de petites maisons coloniales andines traditionnelles. Son église d’adobe, Nuestra Señora de Monserrat, fut bâtie en 1607 sur des fondations incas. Elle est connue pour ses peintures de Diego Quispe Tito et Francisco Chihuantito, maîtres de l’école cuzquénienne. Même lorsqu’elle est fermée, on peut admirer quelques fresques de belle facture sur la façade extérieure. Son grand autel baroque est dédié à la Nativité.

FORTERESSE INCA DE CHINCHERO

Chinchero est dominé par l’imposant édifice bâti par l’Inca Túpac Yupanqui en 1480. Ce dernier ne profita pas longtemps de cette résidence secondaire à cause de son décès prématuré. Soupçonné de l’avoir empoisonné, Cápac Huari, fils de sa maîtresse Chiqui Ocllo, passa sa vie en captivité dans ce même bâtiment, qui ne connut jamais d’autre destin puisqu’il fut brûlé en 1540 par l’Inca Manco Cápac II lors de sa retraite face à l’invasion espagnole. Il ne reste que des vestiges des immenses plates formes construites autour de la place principale de Capellanpampa et la place du village. Les aspects les plus impressionnants sont l’exceptionnel système d’évacuation des eaux usées et la perfection de l’assemblage des pierres de taille qui forment les murailles. Les ruines donnent sur des collines aménagées par les Incas en cultures en terrasse.

MACHOQOLQA

Les ruines de Machoqolqa se dressent à flanc de colline. On reconnaît les vestiges de murs de soutènement de cultures en terrasse, ainsi que ce qui devait être des édifices incas. Malgré la destruction des parties supérieures des bâtiments, on devine leur étendue. Ce peut être l’occasion d’une pause sur le bord de la route qui mène de Cusco à Urubamba.

HUCHUY QOSQO

Huchuy Qosqo signifie Petit Cusco en Quechua. Ce site important est édifié sur ordre de l’Inca Wiracoca, qui s’y réfugie avec ses élites lors de l’attaque de Cusco par le peuple Chancas en 1438. Gonzalo Pizarro aurait fait brûler la momie de l’Inca Wiracoca, dans sa lutte pour extirper les croyances précolombienne. Les colons espagnols ont laissé leur trace en remplaçant les petits réservoirs d’eau par un plus grand, adapté au développement de l’activité d’élevage et d’agriculture. Cet ensemble d’édifices de pierre et d’adobe est plus ancien et moins bien conservé que les célèbres sites de Pisac et Ollantaytambo de la vallée sacrée de l’Urubamba. Il se trouve à 3.688 m d’altitude. En l’absence de route carrossable, on ne peut y accéder qu’en trek via des pistes de montagnes. Le sentier part de la lagune de Piuray à Chinchero; une fois arrivé au village de Tauca, il reste environ 5 h de marche, en passant par le col de Pucajasa à 4.393 m. En repartant, on arrive au village de Lamay à 2.938 m en 3 h de marche. Une autre solution est la location de chevaux ou de lamas pour l’excursion. Ces conditions limitent beaucoup l’afflux touristique, qui se reporte sur les sites qui ponctuent la route principale.

PISAC

Le village de Pisac est situé à une trentaine de km au nord de Cuzco. Niché à plus de 3 000 m d’altitude au-dessus du niveau de la mer, le site archéologique est l’un des principaux de la Vallée Sacrée, dont il défendait l’accès sud. Son nom viendrait de pisac’a qui signifie perdrix en quechua, peut être en raison du dessin que tracent au sol les andenes, ces terrasses agricoles qui remontent aux Incas. Il est célèbre pour son marché multicolore traditionnel qui anime tous les jours la plaza Constitución.

FORTERESSE INCA DE PISAC

Les vestiges incas du site dit Q’allaqasa surplombent la ville de Pisac, à l’entrée de la vallée du rio Urubamba. Ils s’étendent du quartier résidentiel de Kinchiracay à la place principale de la ville. On peut identifier les quatre zones traditionnelles des cités incas : le quartier résidentiel fortifié pour abriter les habitants en cas d’attaque, le quartier des stocks alimentaires et de la noblesse, plus proche du centre, le quartier des bassins qui permettaient de se purifier avant l’accès au quartier religieux, que l’on reconnaît grâce au soin particulier porté à la taille de ses niches en pierre. On y compte un temple du soleil, doté du calendrier solaire qui permettait de calculer l’arrivée des solstices, ainsi qu’un temple de la lune, reconnaissable à son autel sacrificiel. L’aménagement de terrasses permet à l’agriculture de coloniser les pentes parfois raides de la colline, dominées par quelques tombes troglodytes incas.

URUBAMBA

Urubamba, surnommée perle du Vilnacota, est une ville située au pied des monts Pumahuanca et Chicón, à 78 km de Cusco. Son centre historique est assez réduit, avec sa place d’armes de la Calle Comercio au Jirón Grau et son église Santiago édifiée entre 1649 et 1686. Autre site d’intérêt, l’atelier de céramique de Pablo Seminario, qui fait visiter sa production artisanale abondante. C’est surtout les paysages qui entoure ce site qui font son charme, et ses environs préservés entre Cusco et Ollantaytambo ont été choisis pour l’installation de spas, restaurants, observatoires.

MONASTERE DE LA RECOLETA

Au coeur de la vallée d’Urubamba, le monastère de La Recoleta est un beau témoignage de l’architecture religieuse du XVIIe. Fruit du métissage entre la culture hispanique des colons et les influences indigènes péruviennes, il est donné par Minero Ordoñez de Mayola à l’ordre franciscain. De pair avec sa mission évangélisatrice, il enseigne aux indigènes des nouvelles techniques agricoles (charrue tractée par des bœufs, coopératives de travail) à la musique baroque (chœurs polyphoniques, instruments à corde). En 1767, la Cour espagnole ordonna à tous les ordres religieux de retourner en Espagne, et le monastère devint la propriété de Manuel Oribuela, dont on trouve une statue dans les jardins, entre les arbres fruitiers arrosés par un système d’irrigation inca et les vasques de pierre des rites païens transformées en baptistères. Ce lieu historique est occupé par l’hôtel San Agustin depuis 1999.

QENKO

Qenko est un site sacré inca situé à 8 km au-dessus de Cusco, dont la construction remonterait à Huayna Cápac. Son nom signifie labyrinthe en quechua, en raison des étroits couloirs souterrains creusés à flanc de montagne pour accéder à l’autel de sacrifice du sous-sol. La fonction de l’édifice, parmi les plus anciens de l’empire inca, reste mystérieuse. Le grand cadran solaire qui surplombe le lieu confirme son importance sacrée, toujours en lien étroit avec la cosmologie chez les Incas. L’arrondi de son amphithéâtre laisse penser qu’il s’agissait d’un lieu de cérémonies collectives. L’immense bloc monolithique était peut être une idole dédiée au dieu puma. Mais pour certains archéologues, il est aussi possible que Qenko soit avant tout la nécropole où reposerait Pachacutec.

SACSAYHUAMAN

Saqsayhuaman abrite une fortification que l’inca Pachacutec aurait édifiée pour sécuriser le nord de Cusco. Son nom viendrait du mot quechua waman, qui signifie faucon. Situé au sommet de la formation rocheuse de Yunkaypata, il recèle des fossiles marins ainsi qu’une sorte de tobogan en granit, poli par des millénaires d’érosion. Certains archéologues comme Waldemar Espinoza Soriano avancent l’hypothèse que sa triple enceinte aurait surtout servi à protéger un lieu de culte, en tant que temple du soleil, au même titre que Coricancha et Poquencancha. Ses blocs gigantesques de pierre abritent un ensemble élaboré de vestiges, de maisons, autels, granges, reliés par un complexe réseau de chemins et d’aqueducs. Le mystère reste entier sur les techniques utilisées pour acheminer les immenses roches qui ont servi à son édification depuis les carrières de Waqoto et Rumicolca, à plus de 38 km de là. On trouve des mentions de son existence dans les chroniques des colons espagnols Garcilaso de la Vega, Pedro Cieza de León et Martín de Murúa.

PUKA PUKARA

Puka Pukara, forteresse rouge en quechua, tient son nom de la couleur de sa pierre due à sa forte teneur en fer. C’était un poste de défense sur la route vers Pisac, à 7 km de Cuzco. Le site accueillait à la fois une garnison et des stocks d’aliments pour la population Tambomachay à 1 km. On peut se promener entre les vestiges de pierre, bâtis autour de places, le long d’un réseau de routes et d’aqueducs. Un torrent se jette des parapets de granit au pied de la colline.

TAMBO MACHAY

Tambo Machay, lieu collectif de repos en Quechua, se trouve à 1 km de Puka Pukara, à 7 km au nord-est de Cusco. Cette place fortifiée était en effet l’un des lieux de villégiatures préférés de l’Inca, ainsi qu’un sanctuaire dédié au culte de l’eau. Bâti sur une source naturelle, il canalise la cascade principale en deux petits canaux d’une parfaite symétrie qui lui donnent aussi le nom de bain de l’Inca. Comme dans toute l’architecture inca, les pierres qui forment les canalisations et les fondations de la tour aujourd’hui disparue sont encastrées si finement qu’aucun joint n’est utile. Quatre grandes niches trapézoïdales de deux mètres de haut entourent le petit puits où se jettent les deux aqueducs, sûrement des lieux de cérémonies incas importantes.

SALINAS DE MARAS

Maras est un petit village situé à 3000 m d’altitude entre Cuzco et Urumbamba. Outre le charme de la vue sur les Andes qui se dressent au bout du plateau sur lequel est bâti le village, Maras compte dans ses alentours les fascinantes Salinas. Il s’agit d’immenses mines de sel pré-inca qui s’étendent à flanc de montagne le long d’un cours d’eau salé. Encore en activité, on y trouve près de 4 000 bassins taillés dans la roche dont héritèrent les familles de Maras, que l’on voit toujours collecter le sel avec leurs techniques ancestrales.

CITE INCA DE MORAY

Moray se trouve à 7 km des salines de Maras, à 3373 m d’altitude au cœur de la vallée sacrée. Son nom proviendrait du mot quechua moray, pomme de terre déshydratée, ou aymora, champ de maïs. Ses terrasses en cercles concentriques avaient en effet une fonction agricole à l’époque inca. Moray était le laboratoire agronomique de l’empire inca, où les expériences menées permettaient d’optimiser les rendements agricoles et d’acclimater des plantes exotiques à ces altitudes. Des recherches archéologiques ont permis d’identifier la présence de plus de 250 espèces de semences, ce qui prouve qu’il s’agissait d’un important centre de recherche agricole. Une des trouvailles les plus innovantes est la disposition des champs en amphithéâtres de 10 étages de 2 m de haut. Cela permet de simuler quasiment 20 microclimats différents, en dosant habilement la température et l’humidité, selon l’exposition au vent et au soleil. La différence de température moyenne entre les étages atteint 5 °C, contre 0,5 °C dans le reste de la région, les murs jouant le rôle de diffuseurs de la chaleur emmagasinée durant la journée. Des pierres verticales servaient peut être à calculer la portée des rayons du soleil aux solstices. Un système complexe de canaux creusés dans la pierre acheminait l’eau depuis la retenue installée au sommet du site. C’est l’expédition de Shirppe Johnson qui a mis à jour ces vestiges en 1932. En septembre, la Moray Raymi fête le travail agricole et invoque la Pachamama par des danses folkloriques pour de belles récoltes.

TEMPLE DE WIRACOCHA, RAQCHI

Le temple immense dédié au dieu créateur Wiracocha fait partie du complexe archéologique de Raqchi ou Cacha, à 120 km à l’est de Cusco. Sa fondation est attribuée à l’Inca Túpac Yupanqui et son épouse Chimpu Ocllo, aussi dite Mama Cahua. Ce centre religieux et administratif inca couvrait 264 hectares, sur la rive droite du río Vilcanota. Autour du temple, l’édifice le mieux conservé, on peut admirer les vestiges de la muraille d’enceinte, les sources sacrées et les maisons rectangulaires d’un étage.

Le temple de Wiracocha est un édifice rectangulaire de 92 m sur 25, dont le mur central atteignait 12 m de haut, maintenu par 22 colonnes cylindriques. Il est déjà difficile de comprendre comment les Incas ont pu transporter de tels blocs de pierre sans roue, ni bête de trait. Par ailleurs, cette architecture totalement unique dans le monde inca compte deux étages qui atteignent 15 m de haut, et des murs ajourés de nombreuses fenêtres. La dernière colonne de pierre restée intacte mesure 3,30 m, sur laquelle vient se greffer 3,30 m d’adobe.

EGLISE DE SAINT PIERRE APÔTRE D'ANDAHUAYLILLAS

Surnommée la chapelle Sixtine des Andes, l’église d’Andahuaylillas est située au bord du río Vilcanota, 10 km avant Urcos et 45 km au sud de Cusco. C’est une réduction jésuite fondée en 1610 à l’invitation du vice-roi Francisco de Toledo pour évangéliser les indiens. Exemple typique du style architectural baroque andin, elle est édifiée en adobe blanchi à la chaux sur les fondations en pierre de taille d’un palais inca. Elle est dédiée à l’apôtre saint Pierre, dont les fresques extérieures aujourd’hui partiellement effacées représentaient le martyr. La voûte à caissons de bois doré illustre le style mudéjar.

La statue centrale de la Vierge est attribuée à Murillo, et celle du Rosaire, à Diego Quispe Tito. Le retable principal est surmonté de colonnes dorées et de miroirs vénitiens travaillés dans le style baroque métis. On doit la majorité des fresques à Luis de Riaño, disciple du peintre italien Angelino Medoro. On peut admirer le chemin fleuri du paradis sur la droite et le chemin de l’enfer bordé d’épines sur la gauche. Un travail considérable de restauration mené entre 2002 et 2012 a permis de mettre en valeur la beauté de ses fresques intérieures. Récemment, les deux orgues du XVIIe ont été remis en service grâce à une coopération française.

EGLISE DE HUARO

L’église de Huaro est située sur la route d’Urcos, 7 km après Andahuaylillas, un peu plus à l’écart des sentiers battus. Dédiée à saint Jean-Baptiste, elle a une architecture baroque typique du XVIIe. Son maître-autel est en argent avec des saynètes inspirées de la vie de la Vierge. Les murs sont ornés de fresques intérieures peintes en 1802 par Tadeus Escalantes, dans le style de son maître indigène Diego Quispe Tito.

On y retrouve les caractéristiques de l’art métissé né sous l’influence des Jésuites, qui permettaient aux artistes locaux de revisiter assez librement les thèmes catholiques selon leur culture traditionnelle et leurs sources d’inspirations quotidiennes. Pour preuve de cette liberté d’expression, on a la surprise de reconnaître quelques évêques et curés bouillir dans le chaudron de l’enfer sur la fresque du Jugement dernier. Les plafonds recréent les motifs de la forêt amazonienne pour évoquer le paradis dans le style mudéjar.

EGLISE DE KANIKUNKA

L’église de Kanikunka se trouve sur la même route, 1 km après Huaro et juste avant Urcos. Au bord d’un lac considéré comme sacré dans les traditions précolombiennes, elle a incorporé des vestiges d’un ancien temple païen, comme son grand portail en pierres taillées et assemblées dans le style inca. Son architecture, dépouillée et blanchie à la chaud selon la coutume régionale, ne laisse rien transparaître de la richesse des ornements typique du baroque du XVIIe. C’est à l’intérieur que l’on s’émerveille devant de somptueuses fresques qui couvrent les murs et le plafond.

TIPÓN

Le site archéologique de Tipón s’étend peu avant Oropesa, sur la commune de Choquepata, à 23 km de Cusco. Il reste assez à l’écart des routes touristiques en raison de sa difficulté d’accès ; il faut en effet parcourir les derniers 4 km sur une mauvaise piste, souvent bloquée de novembre à mars par la saison des pluies. Mais on est récompensé par la beauté des vestiges incas, en bon état de conservation ; des terrasses de culture, des bains, un temple et un réseau d’aqueducs. Ce fut peut être la résidence de l’Inca Yahuar Huaca, suite à ses guerres avec les Chancas qui ne seront couronnées de succès qu’avec son fils Huiracocha, couronné Inca à sa place pour avoir repris le contrôle de Cusco. Les célèbres chroniques de Garcilaso de la Vega décrivent ce palais royal, dans la vallée entre Muyna et Quepicancha, comme un véritable paradis naturel, foisonnant de jardins, potagers et lieux de chasse et pêche dans le río Watanay.

L’ingénieur en hydrogéologie américain Kenneth Wright a longuement étudié le complexe système d’irrigation de Tipón, à la fois prouesse technique et symbole sacré important pour les Incas. De son côté, l’historienne péruvienne María Rostworowski a analysé l’infrastructure monumentale de ce centre de recherche agronomique à la pointe des connaissances de l’époque.

PIKILLACTA

La cité fortifiée de Pikillacta est le site pré-inca le plus important dans la région de Cusco. Elle se trouve à 7 km après Oropes, au pied de la montagne Wayllonqa. Elle fut édifiée au cours du IXe siècle par la civilisation Huari, dont la capitale était Ayacucho. Son enceinte protégeait une ville de 700 maisons. Leur matériau de base, l’adobe, ou boue séchée mêlée de paille, a hélas bien mal résisté aux dégâts du temps. Des archéologues ont toutefois pu deviner que la plupart avaient leur entrée à l’étage, accessible par une échelle. En 1927, une équipe de chercheurs y découvrit 40 petites idoles de turquoise finement sculptées, ainsi qu’une représentation en pierre d’un puma à échelle réelle, aujourd’hui conservé au Musée inca de Cusco.

Sur quasiment 50 hectares, des vestiges témoignent de l’importance de ce centre urbain qui fut réinvesti par les Incas par la suite. On peut notamment nommer les ruines de Choquepucjio sur la rive gauche du río Watanay, la cité semi circulaire de Qaranqayniyuj près du río Vilcanota, les terrasses d’Urpicancha Wakarpay au bord du lac de Wakarpay, l’éminence rocheuse de Kunturqaqa, rocher du condor en Quechua, qui ferme la vallée du Watanay à l’ouest de Pikillaqta, ou encore les terrasses irriguées de Amarupata, dit lieu des serpents, situé sur les pentes du mont Qosqoqhawarina, à 1 km au sud est du lac de Lucre, dont l’un des 3 aqueducs part pour irriguer Pikillacta à 10 km de là.

RUMICOLCA

La forteresse de Rumicolca, voisine de Pikillacta, se trouve à 31 km au sud-est de Cusco. Elle remonte aussi à la civilisation Huari, dont elle protégeait la frontière sud de l’empire. Utilisée ensuite par les Incas comme point de contrôle avant d’entrer dans la vallée sacrée, elle était hermétiquement fermée de nuit. Ils édifièrent sur les bases plus grossières des Huaris des parois de pierres polies encastrées qui atteignaient 12 m à certains endroits. La porte principale, toujours sur pied, est particulièrement majestueuse.

TARAWASI

Le complexe arquéologique de Tarawasi est situé à Limatambo, dans la vallée au pied de la montagne Salkantay. On y accède par une déviation de 200 m, à l’ouest de la route d’Abancay, après le col d’Huillque. Le site est proche de la frontière entre les départements de Cusco et d’Apurímac. Ce temple inca est d’ailleurs aligné sur les autres temples du département d’Apurímac, Saywite et Tamburco. Son importance est marquée par son alignement avec le Coricancha, l’un des plus importants usnus ou autel sacré en quechua. Il aurait été construit comme lieu de repos pour l’Inca Pacahacutec, sur la route du Chinchaysuyo, partie orientale de son empire. On y retrouve les traditionnels canaux et sources d’irrigations des terrasses agricoles, qui profitent de la confluence des ríos Sondor, Colorado et Chakimayo. L’autel cérémoniel présente un délicat assemblage de polygones de granit polis. Une hacienda coloniale a été construite à côté du temple inca.

CHOQUEQUIRAO

Choquequirao, le berceau de l’or en quechua, est un site archéologique Inca dont on parle de plus en plus… Et pour cause : il est considéré comme le petit frère méconnu du Machu Picchu. Perché à 3.085 m d’altitude sur les rives vertigineuses du rio Apurimac, il se trouve dans la même zone de la région de Cusco, qui forme la jonction entre les Andes et l’Amazonie. Sa situation géographique et son architecture rappellent son voisin renommé, et lui aussi fut visité par Hinram Bingham, en 1909, peu avant le Machu Picchu.
Néanmoins Choquequirao fut laissé à l’abandon pendant plusieurs décennies et ce n’est que dans les années 1970 que les premières fouilles eurent lieu. Sans accès routier, il faut aujourd’hui 4 jours de marche aller-retour depuis le village de Cachora pour y accéder, ce qui explique sa fréquentation encore très limitée. Ainsi, une fois parcourus les 180 km de route depuis Cusco, il faut donc marcher 30 km et 3.000 de dénivelé pour atteindre Choquequirao. Un téléphérique est néanmoins en cours de construction et devrait faire exploser le nombre de visiteurs.
Encore largement entouré de mystères, le site s’étend sur 1800 hectares, dont moins d’un tiers a été fouillé à ce jour. La cité Inca aurait été fondée par Tupac Inca Yupanqui ou Huayna Cápa entre le XV et le XVIe siècle, à la fois comme centre militaire, religieux et de villégiature. Il aurait été par ailleurs le siège de Manco Inca II lors de sa résistance acharnée contre les Espagnols, une période majeure de l’histoire de la colonisation des Andes. Tout comme au Machu Picchu, on peut parcourir les différents secteurs du site ; maisons, temple, secteur agricole ou canaux d’irrigation.

TRAIN DE CUSCO A PUNO

Le train Explorer Andina relie Cuzco et Puno en parcourant durant 10 heures la vallée du rio Huatanay, puis du rio Vilnacota avant de plonger dans les gorges du rio Urubamba. On passe successivement à côté des sites de Rumicolca, Pikillacta, la jolie église d’Andahuaylillas, le temple de Raqchi, avant le col de la Raya et la ville de Juliaca. Le trajet est une expérience très agréable, dans un cadre élégant; boiseries d’époque, service impeccable, spectacle musical au bar, rien ne manque aux réjouissances. La voiture ouverte à l’arrière permet de profiter d’une vue panoramique sur les sublimes paysages de l’altiplano et de la cordillère andine.

LA RAYA

La Raya est le col le plus haut, sur la ligne de train qui relie Cusco et Puno. Culminant à 4.313 m, il sépare les Andes centrales et les Andes du sud, au sud du noeud de Vilcanota qui marque le milieu du massif de la cordillère. Une jolie église marque ce point de passage isolé, dont la vue sur les vallées et sommets des alentours est extraordinaire. Des sources d’eau thermale y naissent, à des températures de 12°C à 60°C.

CORDILLERE DE VILCANOTA

La cordillère Vilcanota est l’impressionnante chaîne de montagnes qui domine le sud-est du Pérou, en continuation de la cordillère orientale des Andes. Elle traverse les départements de Cusco et Puno sur 120 km, en direction du nord sur environ 80 km, puis de l’ouest sur 40 km. Quatre de ses sommets dépassent les 6 000 m ; notamment l’Ausangate à 6 372 m et le Callangate à 6 110 m. C’est la deuxième plus grande surface enneigée du Pérou, avec pas moins de 469 glaciers sur 418 km².
Véritable paradis pour les randonneurs, elle offre des paysages très variés et spectaculaires. Citons notamment le plus grand glacier de la cordillère, le Quelccaya, ainsi que les nombreux lacs issus de formations glaciaires répondant aux noms d’Amayuni, Singrenacocha, Challpacocha, Armaccocha ou Sibinacocha. Les montagnes sont parsemées de hameaux de bergers, seuls habitants de ces sommets, qui vivent de l’élevage extensif de lamas, alpacas, brebis et veaux. On peut aussi apercevoir quelques vigognes et vizcachas sauvages au détour des sentiers, tout comme des condors et autres rapaces familiers des hautes altitudes.

MONT AUSANGATE

Un des pics les plus célèbres de la cordillère Vilcanota est le Mont Ausangate, qui culmine à 6 382 m, au sud-est de Cusco. Cette chaîne montagneuse est le dernier barrage naturel entre la région de la vallée sacrée et la jungle amazonienne. Dans la cosmovision andine, l’Ausangate est l’apu, montagne la plus sacrée de toute la région de l’altiplano. Son importance rituelle la place même au-dessus de la capitale de l’empire inca Cusco, et du lac Titicaca où serait né le couple originel de Manco Capac et Mama Ocllo. Le plus classique des treks permet de parcourir tout le tour de l’Ausangate en six jours, à condition d’être bien acclimaté à la marche en haute altitude et en bonne condition physique.

OCONGATE

Ocongate est situé à 3580 m d’altitude. C’est le village d’arrivée du pèlerinage du pèlerinage du Qoyllur R’itti qui rassemble des milliers d’indiens. Cette cérémonie traditionnelle syncrétique mêle des rites catholiques autour de la chapelle située au bord du glacier, et la dévotion populaire au willkamayu, voie lactée ou chemin astral par lequel les eaux qui ruissellent des sommets au fleuve Amazone retourneraient à leur lieu d’origine. La végétation rase de la puna, déserte à l’exception de quelques lamas, laisse peu à peu place à des lacs d’une limpidité cristalline où se reflète l’horizon dentelé de pics abrupts, émaillé ça et là de l’éclat des glaciers.

MONT YAURICUNCA ou VINICUNCA

Yauricunca, aussi appelé Vinicunca, est un sommet qui culmine à 4 265 m d’altitude, sur la route de la montagne Ausangate, au cœur de la Cordillèra de Vilcanota. Il frappe par les couleurs incroyables que forment naturellement les formations sédimentaires accumulées au cours des millénaires. Ce spectacle surréaliste est créé par les affleurements rocheux de divers types de minerais qui superposent le rouge de l’oxyde de fer, le vert du sulfate de cuivre ou encore le jaune du soufre. Unique au monde, ce mille feuille de strates géologiques reste peu fréquentée et bien préservée par les communautés de bergers de Chillca et Osefina, qui ne laissent pénétrer sur leurs terres que quelques opérateurs historiques.