La culture Huari, au Pérou

La culture Huari

La culture Huari, dite Wari en Aymara, est née de la culture locale Huarpa au VIe siècle, dans le département actuel d’Ayacucho.

Origines et localisation

La civilisation Huari, dite Wari en Aymara, naît à partir de la culture locale Huarpa au VIe siècle dans le département actuel d’Ayacucho. Elle s’étend sur la région de la sierra de la cordillère Centrale jusqu’au XIe siècle, et va jusqu’à se mesurer à la culture Tiahuanaco qui l’a précédée sur le littoral péruvien. Son organisation politique, administrative et religieuse reste très proche de la culture Tiahuanaco, dont elle ne s’émancipe que progressivement  grâce à ses conquêtes territoriales. Elle colonise peu à peu un vaste territoire unifié politiquement, le premier empire guerrier et expansionniste avant les Incas. A son apogée au VIIe siècle, il s’étend vers le nord de Lambayecque à Cajamarca, jusqu’aux anciens territoires de la culture Mochica, et vers le sud de l’ancien centre religieux de Pachacamac jusqu’à Cuzco.

Site Huari de Pucllana

Un style artisanal au carrefour d’influences diverses

La culture Huari subit diverses influences marquantes au gré de son extension sur le littoral. On peut ainsi noter nettement dans sa céramique et ses textiles les motifs géométriques de plus en plus abstraits empruntés à la tradition Nazca. Elle s’inspire aussi beaucoup depuis ses origines de la culture contemporaine Tiahuanaco pour la polychromie et les motifs mythologiques du dieu aux bâtons ou du félin. Au sommet de son organisation urbaine, la culture Huari rationalise la production de céramique en  développant des centres professionnels dans les villes de Pachacamac et Viñaque. Tout en perpétuant les formes classiques du vase à deux goulots et anse en pont, elle généralise la forme du qéro, ou gobelet rituel qui sera largement récupéré par les Incas.

Une culture de grands bâtisseurs

La capitale appelée Huari se caractérise par une urbanisation rationnelle, selon un schéma orthogonal. Les édifices enduits de chaux blanche, parfois hauts de six étages, se succèdent le long de ruelles qui desservent les patios intérieurs. C’est le premier centre urbain andin ainsi dessiné, au sein de murailles d’enceintes. Dès le VIIe siècle, il abrite un pouvoir politique et militaire central, qui préside à une vaste unification culturelle du territoire en s’appuyant sur d’autres cités relais. Les centres urbains huaris majeurs se dressent ainsi aux limites du territoire, à Pikillaqta près de Cuzco et à Wiracochapampa près de Huamachuco dans la région actuelle de La Libertad.

Figurines féminines huaris, Museo MAP Cuzco

Les ressources des centres urbains

Le ravitaillement de ces centres urbains très importants pour l’époque est possible avec l’amélioration des rendements agricoles grâce à des systèmes de terrasses de culture et de drainage similaires aux camellones des Tihuanacos. Mais la richesse des Huaris se fonde surtout sur les impôts prélevés sur les populations vaincues à la guerre. Leur arsenal de guerre composé de haches de pierre, de massues de métal et d’arcs et flèches leur donnait en effet un avantage décisif sur nombre de petits noyaux de populations beaucoup moins avancés dans les équipements de combat.

Déclin et fin

Il semble qu’un grand affrontement avec la culture Tiahuanaco, autre culture dominante de l’époque, marque le début du déclin des Huaris vers 1 000 après J.-C. A moins que la même hypothèse d’une grave sécheresse ait affaiblit irréversiblement et simultanément les deux camps. Quelle qu’en soit la raison, les régions colonisées se libèrent peu à peu du joug Huari, et la capitale Ayacucho périclite vers le XIe siècle, faute de ressources pour assurer ses frais de fonctionnement.