Les communautés amérindiennes du Pérou

Les communautés amérindiennes du Pérou

Le Pérou est avec la Bolivie le pays d’Amérique latine où la population amérindienne est la plus importante.

Une jeune péruvienne

Les populations amérindiennes représentent environ 45 % de la population du Pérou, avec 8 à 9 millions d’individus. Près de 37 % des habitants sont issus d’un métissage entre Amérindiens et descendants d’Européens. Ce creuset culturel qui n’a cessé de croître avec les apports des immigrants au fil des siècles est à l’origine d’un patrimoine culturel très varié, qui s’exprime tant dans la danse et la musique que la gastronomie ou les traditions péruviennes.

Plus de 60 communautés amérindiennes se partagent les territoires du littoral, des Andes et de la forêt amazonienne. Elles voisinent souvent sur des terres communes, comme le montre l’exemple du lac Titicaca, lieu de constante friction culturelle entre les Quechuas collas, les Aymaras et les Uros, ethnie aujourd’hui quasiment disparue après des siècles de vie sur des îles flottantes. Les communautés les plus importantes en nombre, les Quechuas et les Aymaras, sont originaires des Andes, bien que leurs langues se soient répandues dans tout le pays. Les communautés les plus réduites vivent à l’écart de la société péruvienne, dans la jungle de l’Amazonie. On dénombre pas moins d’une centaine de dialectes indiens, répartis en une quinzaine de familles linguistiques :  quechua, aru, arahuaca, jíbaro, pano, tupi-guaraní, cahuapana, peba-yagua, huitoto, harakmbet, tacana, tucano, zaparo.

Un peruano

La communauté quechua – voir nos photos

Le quechua est la première langue indigène officielle du Pérou, parlé par 3,7 millions de personnes qui utilisent l’une ou l’autre de ses plus de 20 variantes. La communauté quechua trouve son origine dans l’association de tribus guerrières qui fondent peu à peu l’empire Inca au XIIIe siècle. En suivant sa logique expansionniste, l’empire inca aurait diffusé l’usage de la langue appelée Runa simi, surnommée quechua par les colons espagnols. Une autre théorie avance que ce sont les missionnaires espagnols qui ont le plus contribué à répandre la langue quechua pour évangéliser le territoire péruvien.

La communauté aymara – voir nos photos

Avec 350 000 personnes qui le parlent, l’Aymara est la seconde langue indienne la plus répandue aujourd’hui au Pérou; elle est surtout parlée dans la région andine frontalière de la Bolivie, autour du lac Titicaca. Une théorie avance qu’elle aurait pu être la langue officielle de l’empire Inca, au lieu du quechua. Issue d’une tribu concurrente des Uros sur les rives du lac Titicaca, la communauté aymara aurait fondé la culture Tihuanaco, dont l’héritage est très important en Bolivie comme au Pérou. Intégrée ensuite à l’empire inca, elle perd du terrain face à la communauté quechua, mais sait conserver des traditions très vivaces. Leur maîtrise de l’art du textile, leurs rites païens ou leur façon de se répartir les terres agricoles sont autant d’héritages précieux toujours d’actualité.

Un membre de la tribu Yahua

Les communautés amazoniennes

Il existe une multitude de tribus isolées rurales qui gardent leurs dialectes locaux et leurs traditions ancestrales, préservées par leur éloignement des centres urbains. Ces communautés indiennes parlent plus de 50 idiomes différents, et sont surtout situées dans la forêt amazonienne, loin de tout axe de transport. De nombreux dialectes ne sont plus parlés que par quelques centaines, voire dizaines de personnes, et risquent l’extinction. Certaines communautés voient en effet leurs traditions se perdre avec la disparition de leur lieu de vie, victimes des pressions économiques exercées sur les forêts où elles vivent par les entreprises d’extraction minière ou d’industrie du bois. Il est très important de respecter leur isolement, en raison de leurs défenses immunitaires inappropriées au contact avec les autres populations actuelles. Depuis 1993, la Constitution péruvienne reconnaît la multi-culturalité et garantit le droit à l’identité culturelle, notamment pour les communautés rurales et autochtones. Des lois permettent ainsi l’accès à un enseignement bilingue, la protection des communautés indigènes isolées, ainsi que la protection du patrimoine culturel traditionnel avec l’INDEPA (institut national pour les peuples andins, amazoniens et afro-péruviens).