Instruments de musique péruviens, Pérou

Instruments de musique péruviens, Pérou

Outre les célèbres flûte de pan ou charango, le Pérou compte une grande diversité d’instruments.

Qoyllur riti

On associe spontanément la musique péruvienne à la flûte de pan, mais il serait bien réducteur de limiter l’extraordinaire richesse de ce patrimoine musical hérité des diverses vagues d’immigration du monde entier. La musique péruvienne mêle ainsi diverses influences : l’héritage andin est surtout présent dans les mélodies et la grande diversité d’instruments à vent, l’apport africain se retrouve principalement dans les rythmes et les instruments de percussion traditionnels, tandis que la touche européenne se remarque plutôt dans l’adoption des instruments à cordes et le travail harmonique.

Un joueur de charango

La naissance des instruments de musique précolombiens se perd dans la nuit des temps. De nombreuses céramiques Paracas et Nasca de plus de 2 500 ans représentent des musiciens en train de jouer. Il semble qu’ils privilégiaient alors les vents, taillés dans de l’os, du bois, des bambous ou façonnées en céramique. On peut énumérer les trompes rituelles en métal, corne ou conque marine (wakrapuku), les flûtes à eau (souvent de jolis vases de terre cuite à deux renflements), les ocarinas… La famille des flûtes se subdivise en deux familles : les flûtes de pan (antara, zamponia et siku) et les flûtes droites (pinkillo, tarka et quena).

Un cajón du Pérou

Les africains importés comme esclaves par les colons n’avaient pas les moyens matériels de détenir des instruments et développèrent donc les richesses offertes par le corps humain ; modulations vocales et sons gutturaux, claquements de mains et trépidations de pieds, parfois ponctués par des grelots et claquettes fixés à même la peau. Les caisses agricoles sont ainsi à l’origine de l’invention du cajón, percussion d’origine africaine. La musique afro-péruvienne née spontanément dans les classes les plus pauvres est devenue un patrimoine culturel incontournable, qui emprunte à toutes les cultures ; la grosse caisse (bombo bass drum) vient d’Europe, tandis que le tambourin frappé avec une baguette (wankara) est typique des Andes.

Cantaro à flutiste, Musée archéologique Jenkins, Ica

Côté cordes, le charango est un instrument créé au XVIe au Pérou sur le modèle du luth espagnol, et utilisé dans les cérémonies de la cour du vice-roi. Le plus souvent doté de 5 cordes doubles, il a une carapace de tatou ou un assemblage de bois pour caisse de résonance. Cet instrument a été dénigré au cours des siècles suivants, comme symbole de fêtes rurales modestes qui n’avaient pas leur place dans l’art musical du pays. C’est à partir de la révolution de 1959 qu’il récupéra ses lettres de noblesse grâce à la reconnaissance des mouvements indigènes.