L’immigration européenne au Pérou

L’immigration européenne au Pérou

On estime aujourd’hui à 4,4 millions de personnes les descendants de l’immigration européenne au Pérou, soit 15% de la population totale.

Des mesures en faveur d’une immigration européenne diversifiée

On estime aujourd’hui à 4,4 millions de personnes les descendants de l’immigration européenne au Pérou, soit 15% de la population totale, dont seulement 5% sont exclusivement issus d’Espagnols. De 1830 à 1850, les premiers gouvernements du Pérou indépendant multiplient les incitations à l’immigration européenne, notamment pour peupler et administrer les grandes régions amazoniennes pour laquelle ils n’ont pas assez de main d’œuvre. Dès 1845, le gouvernement péruvien adopte une loi qui ouvre l’accès à la propriété aux étrangers, interdite dans la Constitution de 1839. Le gouvernement du général Ramón Castilla abolit l’esclavage en 1854 et favorise l’immigration européenne au détriment de la main d’œuvre peu qualifiée issue d’Asie. Mais de 1850 à 1880, l’explosion du commerce du guano rend plus urgente l’attraction de travailleurs étrangers. 100 000 coolies chinois, qui fournissent le gros de la force de travail, et 20 000 Européens tentent l’aventure. Malgré tous les efforts du gouvernement péruvien pour attirer des travailleurs européens, seulement environ 150 000 s’installent au Pérou au tournant du XIXe et du XXe siècle.

L’immigration espagnole au Pérou

L’immigration espagnole

L’époque de la colonisation voit naître l’importante communauté d’Espagnols au Pérou, avec l’envoi massif de conquistadors et de soldats pour vaincre l’Empire Inca et établir un Vice Règne aux ordres du Royaume d’Espagne. Ils sont rapidement rejoints par des contingents de fonctionnaires et colons pour administrer et peupler ce nouveau territoire sous domination espagnole. Le recensement de 1791 comptabilise déjà 136 000 Espagnols, soit 12 % de la population totale du Pérou. Ce noyau espagnol est plus tard renforcé par les réfugiés de la Guerre d’Espagne dans les années 1930. On considère aujourd’hui que 20% des Péruviens ont du sang espagnol, souvent métissé avec la population indigène ou des autres immigrants.

L’immigration italienne

La majorité des 3 000 Européens subventionnés pour immigrer via la Société d’Immigration Européenne à la fin du XIXe siècle sont des Italiens. Choisis pour stimuler le développement de l’économie locale, ils développent de grandes exploitations agricoles pour exporter le sucre, le coton et le caoutchouc, ainsi que l’industrie minière. Ils s’illustrent également dans le commerce, notamment maritime. C’est actuellement la seconde communauté d’origine européenne la plus importante, avec quasiment un million de membres.

L’immigration allemande au Pérou

L’immigration allemande

1ère colonie allemande fondée en 1859 au Pérou, à 84 km au nord de Pasco, la ville de Pozuzo est peuplée de 300 hommes et 250 femmes en 1880. Aujourd’hui forte de 12 000 habitants, c’est l’une des seules à avoir su durer dans le temps. Elle a été maintenue grâce à la grande solidarité au sein de la communauté isolée au milieu de la jungle péruvienne, en l’absence des travaux routiers promis par le gouvernement péruvien. L’autre foyer de population germanophone s’appelle Oxapampa, c’est l’un des seuls à mêler Autrichiens et Allemands. Fondé en 1891, le village se démarque par son architecture typiquement tyrolienne, avec de grands chalets de bois aux toits en pente. La dernière vague d’émigration allemande concerne des notables juifs à la recherche d’un refuge pendant la seconde guerre mondiale ; ils sont principalement installés dans les villes d’Huancayo, Trujillo et Chiclayo. On compte aujourd’hui 240 000 descendants d’immigrants allemands au Pérou.

L’immigration française

Des aventuriers français s’installent au Pérou dès le début du XVIIIe siècle. Ils sont en majorité issus du Pays Basque et des Pyrénées Atlantique, quoiqu’il est possible que ces données soient biaisées par l’embarquement à Bordeaux, quelque soit l’origine en France. Ils se spécialisent dans l’artisanat de luxe et le commerce de détail, en constituant un réseau qui culmine au milieu du XIXe siècle avec 15 000 personnes installées au Pérou de façon permanente. On estime aujourd’hui à 255 000 les descendants de Français  au Pérou, soit environ 0,85% de la population totale.

L’immigration britannique au Pérou

L’immigration britannique

La communauté britannique est moins importante numériquement avec 8 000 résidents dont sont issus environ 150 000 descendants, soit un peu moins de 0,5% de la population totale. Mais ses apports en termes de développement technique sont de première importance dans l’histoire péruvienne. Ce sont ainsi des ingénieurs anglais qui ont fait construire la ligne de train du Ferrocarril Central qui reliait Ancón et La Oroya. On leur attribue aussi l’installation du gaz à Lima en 1865, la création des collèges San Silvestre et Markha, ainsi que la première formation de pompiers volontaires La Victoria en 1866.

Les autres immigrations européennes

La majorité des immigrants en provenance d’Europe se sont installés dans les grandes villes de la côte, comme Trujillo, Chiclayo, Piura et Lima, ainsi que dans les centres touristiques importants comme Arequipa et Cusco. Des minorités issues d’Europe de l’Est et de la région méditerranéenne ont notamment migré au Pérou pour fuir des périodes de persécutions antisémites dans leur pays d’origine. On recense en 2013 la présence d’environ 16 000 membres dans la communauté grecque, 12 000 dans la turque, 7 000 dans la polonaise, 1 200 dans la russe, 500 dans la tchèque ou encore 300 dans la roumaine.

A la différence des immigrations de main d’œuvre peu qualifiée pour les travaux agricoles et industriels, les communautés d’origine européenne installées au Pérou ont toujours joué un rôle important dans le développement commercial et entrepreneurial du pays. En témoignent les comptoirs anglais et allemands, dont les membres ont fondé le Jockey Club de Lima en 1895, le Club Lawn Tennis en 1884, le Touring Club Peruano d’automobile en 1924 ou encore le Country Club privé.