Economie du Pérou

Economie du Pérou

Le pays bénéficie d’une excellente croissance depuis 10 ans mais doit faire face à de nombreux défis, dont celui des inégalités sociales.

La libéralisation économique des années 1990

Les élections présidentielles de 1990 s’ouvrent dans un climat pesant au Pérou. Le pays sort de 30 années d’instabilité politique et s’enfonce toujours plus dans la crise économique (avec notamment plus de 7 000% d’inflation) et la violence, liée à l’activisme du Sentier Lumineux et du MRTA. Contre toute attente, c’est Alberto Fujimori, un péruvien d’origine japonaise, qui l’emporte face à l’écrivain Mario Vargas LLosa. A peine élu, le nouveau Président met en place des mesures radicales pour libéraliser l’économie, comme la dérégulation des prix et des marchés : c’est le « fuji choc ».

Troc au Pérou

Dans un contexte politique lourd, dissolution du congrès et lutte contre les guérillas en particulier, ces mesures plongent le Pérou dans la récession. Il réussit néanmoins à juguler l’inflation et à réduire les déficits, notamment en entamant une vaste politique de privatisations. En 1998, Fujimori se représente une 3e fois et gagne des élections entachées de soupçons de fraude, mais se réfugie au japon en 2001 suite à un scandale de corruption. Extradé au Pérou, il purge aujourd’hui 25 ans de prison pour ses crimes lors de la lutte contre les guérillas.

Une croissance économique sans précédent

C’est Alejandro Toledo, économiste d’origine quechua, qui prend les rênes du pays jusqu’en 2006. Celui-ci poursuit une politique libérale, avec la bénédiction du FMI et de la Banque Mondiale, qui permet de réduire le déficit et de contrôler l’inflation, mais ne permet pas de combattre chômage ou pauvreté. Ses successeurs, Alan García en 2006 puis Ollanta Humala en 2011, ont depuis prolongé cette politique économique qui désormais sourit au pays : 6,8% de croissance en moyenne ces 10 dernières années, un taux d’endettement très bas de 19,6% et une inflation sous les 3%. Autre information positive, ses partenariats économiques. Le Pérou compte 22 accords de libre-échange, notamment avec la Chine et les Etats-Unis, fait partie de l’Alliance du Pacifique, est membre de la CAN (Communauté Andine) et membre associé du Mercosur. Le pays est également aux portes de l’OCDE.

Agriculture au Pérou

Les secteurs économiques du Pérou

Parmi les secteurs majeurs de l’économie péruvienne, notons en premier lieu l’agriculture qui, même si elle ne représente que 7,3% du PIB, occupe 25,8% de la population active avec pour principales productions coton, canne à sucre, café, cacao, blé, riz, maïs et orge. Le Pérou est par ailleurs le premier exportateur mondial de farines de poisson, et le second producteur de pêche. L’industrie, en particulier l’activité minière, concentre plus de 41% du PIB. Le Pérou est ainsi le premier producteur mondial d’argent, le 5e producteur d’or, le 3e producteur de cuivre et un fournisseur important de zinc et de plomb. Le pays possède également de grandes réserves de gaz naturel et de pétrole, bien qu’il soit un importateur net d’énergie. Parmi les services, notons le tourisme, qui compte pour 7% du PIB : le pays accueille chaque année 4 millions de touristes.

Les défis actuels et futurs

Malgré cette bonne santé macro-économique, le gouvernement péruvien doit s’atteler à des défis de taille. En premier lieu, les inégalités restent criantes. 26% de la population vit toujours sous le seuil de pauvreté, même si on note une amélioration depuis 2004 (54%). Et si le taux de chômage n’est que de 7,7%, cette donnée est à prendre avec des pincettes, 60% de l’emploi étant générée par l’économie informelle. Ensuite, le pays doit décentraliser son économie : une forte dichotomie existe entre le pôle économique de Lima et Callao, les villes de la côte et les régions rurales des Andes et de l’Amazonie. Il doit procéder à d’avantage d’investissement public, développer son éducation ou encore moderniser ses infrastructures, notamment les routes des régions les plus reculées. Enfin, il doit continuer sa lutte contre la production de cocaïne, dont il est devenu le leader mondial.