Un record mondial de biodiversité

Un record mondial de biodiversité

Le Pérou est un des 5 pays qui compte le plus d’espèces différentes de faune et de flore au monde.

Cultures en étage du Canyon de Colca

Le Pérou est un des 5 pays qui compte le plus d’espèces différentes de faune et de flore au monde. On y recense pas moins de 4 000 espèces de papillons, 1 800 espèces d’oiseaux et plus de 100 espèces de reptiles. Il abrite également 460 espèces de mammifères, record du continent américain. On estime par ailleurs que le Pérou renferme pas moins de 10% des espèces de flore au monde, avec quasiment 25 000 plantes différentes, dont 5 500 sont endémiques.

Cette grande richesse a permis le développement d’une tradition ancestrale de connaissance botanique, pour tirer le meilleur parti des 1 400 espèces de plantes médicinales. Le Pérou valorise aussi ce patrimoine biologique en exportant les espèces peu répandues de ses plus de 600 espèces de fruits. Chiffres impressionnants auxquels viennent s’ajouter d’innombrables variations au sein de la même espèce,  avec plus de  4 000 variétés d’orchidées, 3 000 de pomme de terre et 36 de maïs.

Les dunes du désert d’Ica

Le pays est traditionnellement décrit par ses 3 grandes régions aux caractéristiques climatiques et hydrographiques extrêmement différentes : le littoral, la montagne et la forêt. Le  littoral, appelé « costa », couvre une frange étroite qui représente 11% du territoire, étendue  sur 2.200 km de long pour seulement 50 à 100 km de large entre l’océan Pacifique et la cordillère des Andes. C’est ici que se concentrent les principaux foyers de population du pays. Il se caractérise par un climat très aride, avec des températures comprises entre 13ºC et 30ºC grâce au courant froid et humide de Humboldt. Ses paysages totalement désertiques de dunes et de roches sont parsemés de maigres arbustes le long des ruisseaux.

Le microclimat du lac Titicaca

La faune côtière est par contre très riche. En effet, les courants marins font remonter du plancton depuis les fonds marins, ce qui attire plus de  600 espèces de poissons, dauphins, baleines, cachalots, lions de mer et loutres marines. La concentration record de sardines et d’anchois nourrit à son tour les colonies de manchots de Humboldt, mouettes, cormorans ou pélicans.

La montagne, dite « sierra » représente une bande large de 400 km environ, qui couvre 32% du territoire central du Pérou, tout le long de la cordillère des Andes. Vers le sud, cette grande chaîne de montagnes se sépare en 3 massifs ; occidental, central et oriental, avant de former le plateau de l’altiplano. Ce dernier, aussi appelé puna, se caractérise par une association aride d’herbe rase, de cactus et autres plantes xérophiles. Il abrite une faune variée, connue pour ses camélidés (lamas, alpacas, des vigognes et guanacos), ainsi que ses condors.

La forêt amazonienne du Pérou

C’est dans la forêt vierge, dite « selva », qui occupe les 57% de l’est du territoire péruvien, que l’on rencontre la plus grande biodiversité. Cet « enfer vert » conjugue un climat équatorial qui peut atteindre 40ºC avec 100 % d’humidité, 2000 mm de précipitations en saison des pluies et des centaines de km de fleuves entre l’Amazone, le Ucayali, le Huallaga et le Marañon. C’est pourquoi  on y trouve une végétation tropicale pourvue des essences les plus exotiques, comme le caoutchouc, la vanille ou l’acajou. Elle abrite une palette colorée de toucans et perroquets, ainsi qu’un foisonnement de fleurs, arbres et lianes où vivent à l’abri de l’homme toutes sortes d’animaux sauvages ; jaguars, tapirs, singes, caïmans, alligators, tortues ou encore serpents, notamment.

Les éléments de relief expliquent aussi cette biodiversité record qui permet de retrouver au Pérou 28 des 32 grands types de climat de la terre. Il y a en effet des écarts très important d’altitude, depuis  l’étonnante dépression  du désert de Sechura à 34 m sous le niveau de la mer dans la région de Piura, jusqu’au sommet du Huascarán qui domine les Andes du haut de ses 6 768 m.

La Cordillère Blanche

On peut ainsi distinguer 6 types d’écosystèmes sur les seuls critères d’altitude. Le littoral qui borde l’Océan Pacifique a généralement un climat chaud et sec propre à la viticulture par exemple, malgré un brouillard parfois généré localement autour de Lima par le courant froid de Humboldt. Les terres tropicales s’étendent entre les altitudes de 750 et 1 000 m, et sont propices aux cultures exotiques comme la canne à sucre, le coton, le cacao ou la banane. Les zones tempérées subtropicales se trouvent sous la barre des 2 000 m et permettent la culture du café, du tabac ou de l’avocat. Les zones tempérées froides côtoient la limite supérieure d’arborescence, autour de 3 600 m d’altitude, où poussent plutôt la pomme de terre ou le maïs. Les terres gelées situées là où les arbres ne poussent plus, dont la température ne dépasse jamais 10°C, sont dédiées exclusivement à l’élevage de camélidés et à la culture des graines résistantes au froid, comme le quinoa, l’oca ou le tarhui. Les neiges éternelles, au-dessus de 4 500 m, connaissent des températures négatives toute l’année et sont donc trop hostiles pour la présence d’agriculture.

Réserve Salinas Aguada Blanca

A une géographie physique déjà très variée du point de vue de l’altitude viennent s’ajouter les influences locales de formations uniques au monde. Le Colca et le Cotahuasi, avec respectivement plus de 3 400 et 3 500 m de profondeur, se classent parmi les canyons les plus profonds du monde, ce qui a un impact crucial sur l’exposition de leurs terres.

Le Titicaca, plus grand lac navigable du monde, crée par sa masse gigantesque d’eau un micro climat plus doux et humide, peu courant à 3 830 m d’altitude. L’Amazone, le fleuve  de tous les records, change considérablement la physionomie de 6 000 000 km² de terres qu’il irrigue sur plus de 6 500 km, du Pérou jusqu’à l’océan Atlantique. Le phénomène atmosphérique El Niño, enfin, exerce une perturbation plus cyclique, en le réchauffant le courant froid d’Humboldt tous les 4 à 8 ans. Une multitude de sous ensembles climatiques a ainsi été élaborée par les géographes pour expliquer le Pérou.

Réserve de Paracas

Le scientifique Javier Pulgar Vidal a regroupé les 96 zones écologiques que compte le pays en 8 écorégions naturelles 1941, qui font toujours référence. Sur le versant oriental de la cordillère, on peut citer la chala qui mêle océan et littoral jusqu’à 500 m, la yunga, vallée chaude très boisée jusqu’à 2300 m, la quechua tempérée qui se prête le plus aux cultures étagées jusqu’à 3500 m et la suni un peu plus aride jusqu’à 4000 m, la puna des hauts plateaux de l’altiplano jusqu’à 4800 m, et enfin la janca sur les sommets de la cordillère blanche. La pente occidentale de la cordillère s’étage quant à elle à sa base entre les zones plus denses en végétation de l’omagua (forêt basse) jusqu’à 400 m, et la rupa (forêt haute) jusqu’à 1000 m.