Vins du Pérou

Vins du Pérou

Introduite par les conquistadors espagnols, la vigne au Pérou concentre aujourd’hui dans la région d’Ica, au sud de Lima.

Vignes de la bodega Tacama

La vigne a été apportée au Pérou par les conquistadors espagnols. Prépondérante à cette époque, dans un Pérou alors tête de pont de la couronne espagnole sur le continent, elle a décliné au XXe siècle au bénéfice du Chili et de l’Argentine, suite notamment au démantèlement des grandes propriétés redistribuées en lopins de terre par la réforme agraire de Juan Velasco Alvarado en 1969. Le vignoble actuel s’étend sur 15.800 hectares, soit tout juste 0,2 % de la surface  mondiale plantée en vignes. La région qui concentre le plus de bodegas et de savoir-faire en matière de viticulture est située au sud de Lima, le long de la Panaméricaine. Dans le reste du pays, le climat semi-tropical rend assez difficile la culture de la vigne, qui nécessite un certain stress hydrique pour que les raisins arrivent à maturité et concentrent plus d’arômes et de tanins.

Amphores de la bodega El Catador

Le littoral péruvien bénéficie de terres riches en matière organique mais son climat complique la tâche de la viticulture, en contraignant à une précision sans faille dans le suivi et un état sanitaire irréprochable du vignoble. Les vignes souffrent du manque d’eau, puisqu’on ne compte que 3 mm de précipitations par an, contre 200 mm dans les vignobles les plus arides d’Argentine ou de France. Des installations complexes de pompes et de canaux permettent d’irriguer avec les réserves de l’eau qui ruisselle de la Cordillère des Andes. De plus, la forte humidité permanente due à l’influence de l’océan Pacifique est propice au développement rapide d’épidémies d’oïdium. Enfin, la chaleur permanente empêche parfois le développe d’une belle acidité, faute d’amplitude thermique. Aucun défi que les œnologues ne soient à même de relever, attirés par l’originalité de ce terroir désertique.

Piscos de la bodega El Catador

Des bodegas locales de plus en plus nombreuses se lancent dans l’aventure, stimulées par l’augmentation actuelle de la consommation nationale de vin. Le Pérou est en pleine transition viticole, avec la cohabitation d’une production artisanale assez irrégulière qui réserve de belles surprises, et le développement d’une viticulture plus industrielle. Signe de ce changement, l’offre de formations professionnelles s’est récemment bien développée, et la production nationale s’est accrue de 24% en 2010, selon les statistiques de France monde express. De petites productions familiales artisanales, comme El Catador, s’adaptent à un marché de plus en plus exigeant, en modernisant leurs capacités d’accueil et en valorisant l’authenticité de leur savoir-faire artisanal développé depuis cinq générations.

Raisins de la bodega El Catador

L’oenotourisme représente une manne non négligeable pour ces structures viticoles qui ont du mal à obtenir une visibilité internationale, loin des législations par appellation strictes d’autres pays. On peut profiter de passer dans la région pour déguster une gamme très variée de produits, parfois déroutants pour nos palais, mais toujours intéressants, du blanc assez doux au rosé semi sec, en passant par des vins cuits  aromatisés ou des mousseux dans le style italien.

Pressoir de la bodega Tacama

Les principaux producteurs péruviens sont de vastes bodegas qui cultivent des cépages importés de France ou d’Italie, selon leur adaptation au climat local. Le Pérou a été riche d’une immense diversité de cépages, avec pas moins de 54 types, qui ont été en partie perdus avec la redistribution massive des terres par la réforme agraire de Juan Velasco Alvarado en 1969. Les cépages méditerranéens tels que le mourvèdre et le carignan trouvent ainsi sur ce terroir une belle expression aux côté des plus classiques malbec et cabernet sauvignon, avec des tanins puissants et une belle complexité aromatique en bouche. Côté blancs, le sémillon, le chardonnay, le chenin blanc et le sauvignon sont parmi les plus prisés pour leurs arômes très fruités, et leur bonne résistance à des chaleurs parfois très fortes.