La culture Lima, au Pérou

La culture Lima

Présente sur le littoral de l’actuelle ville de Lima du Ier au VIIIe siècle, la civilisation Lima est contemporaine de la culture Mochica située plus au nord. Elle a occupé les vallées des fleuves Chillón, Rímac et Lurín, entre le rio Chancay au nord, et les rios Lujin et Mala au sud, depuis les côtes de l’océan Pacifique jusqu’à la naissance de la cordillère des Andes. La civilisation Lima s’intercale entre le déclin des Chavíns et son absorption par les Huaris, et n’a donc guère eu le temps d’amplifier son emprise géographique.

Organisation urbaine

A son apogée, la civilisation Lima a bâti de colossales pyramides tronquées ; la Huaca Aramburu ou la Huaca San Marcos atteignent quasiment 300 m de long sur 100 m de large et 30 m de haut.

Le temple d’Huaca Pucllana dans l’actuel quartier de Miraflores est le vestige le mieux conservé à ce jour. Cette gigantesque pyramide tronquée se compose de 7 paliers qui surplombent les 3 patios où s’abritent toute une somme d’édifices civils. La façon de construire en empilant des strates de briques de 20 cm de haut sur 15 de large et 10 d’épaisseur, rangées à la verticale, donne un aspect fascinant aux pyramides. Cette disposition, qui rappelle le mode de rangement de livres dans une bibliothèque, a permit à l’ensemble de résister à de très forts séismes.

La civilisation Lima est aussi la première à avoir bâti sur le sanctuaire Pachacamac, dans la vallée du Lurín. On pense que le site de Playa Grande, érigé face à l’océan, était le centre religieux de la civilisation. Ces sanctuaires formaient le centre des villes. Tout autour se regroupaient les ateliers de tissage du coton et de la laine de lama ou de vigogne.

Huaca Huallamarca, Lima

La céramique

Nombre de céramiques existent en quadrichromie, ornées de blanc, rouge, noir et gris. Trois phases sont en général identifiées dans la civilisation Lima, sur le critère du niveau de perfectionnement de ses céramiques : Baños de Boza, Playa Grande et Maranga-Cajamarquilla-Nievería. Le style interlocking, reconnaissable à la technique qui entrelace des serpents de terre, couvre les 7 premières phases, tandis que le style maranga se distingue plutôt par les signes géométriques comme les cercles et les triangles.

En 1964 Patterson a élaboré une classification plus fine avec 9 sous ensembles. Lors de la phase Lima 1, on produit surtout des jarres et assiettes blanches et noires. La phase 2 y ajoute des assiettes et  marmites vernies en blanc ou rouge. La 3 inclut les verres, la 4 de nouvelles marmites aux bords plats, la 5 des assiettes creuses et des jarres mammiformes, la 6 de grandes jarres pansues, la 7 des marmites, la 8 des motifs de triangles, bandes de couleurs et lignes blanches. La phase Lima 9 répète les formes antérieures avec plus d’adresse.

 

Technologie hydraulique

La technologie hydraulique de la civilisation Lima a affiné les connaissances héritées des Chavíns, et laissé deux réalisations superbes encore en usage. Le Río Surco est un canal d’irrigation pour l’eau du río Rímac qui relie Ate et Chorrillos via Santiago de Surco, Miraflores et Barranco. Le Canal de Huática achemine quant à lui l’eau de la Victoria à San Miguel.

Huaca Huallamarca, Lima

Rites mortuaires

La civilisation Lima est connue pour l’importance attachée aux défunts. On a retrouvé des corps mis directement en terre et enveloppés de deux voiles avec quelques céramiques, mais aussi des lits mortuaires en bois et roseau munis d’outils et d’armes, où le défunt était en outre escorté d’une autre personne qui était peut-être sacrifiée à cet effet.

Archéologie

Le territoire originel de la culture Lima correspond aux quartiers actuels de Callao, La Punta, Bellavista et La Perla. De nombreux huacas ont été transformés et rendus méconnaissables par les civilisations suivantes. Restent cependant le Huaca Maranga et le Huaca Tres Palos, situés dans le Parc de las Leyendas. Le Huaca Pucllana se trouve aujourd’hui à Miraflores et le Huaca Huallamarca à San Isidro, deux des quartiers les plus prisés de la capitale péruvienne.

Des efforts de mise en valeur du Huaca Pucllana ont été réalisés avec l’ouverture d’un musée et d’un restaurant sur site. Il ne reste en revanche que 7 hectares du complexe original de plus de 20 hectares. Nombres de vestiges de Playa Grande ont été détruits par la construction de la station balnéaire sur cette zone non urbanisée soumise à de fortes pressions immobilières.