Le cheval de paso péruvien

Le cheval de paso péruvien

Le cheval de paso est issu du croisement entre plusieurs races andalouses et arabes importées par les colons espagnols. Fierté du Pérou, il fait partie des meilleurs chevaux de dressage du monde.

Cheval de paso peruano

Le cheval de paso est issu du croisement entre plusieurs races andalouses et arabes importées depuis Seville et Cádix par les colons espagnols. La stabilisation de cette nouvelle race typiquement péruvienne dura quatre siècles. Fierté du Pérou, il fait partie des meilleurs chevaux de dressage du monde. Il est caractérisé par un corps musclé et compact, avec  1,5 m de hauteur au garrot. Ses extrémités allongées peuvent atteindre 50 cm. Sa tête est étroite, son cou robuste. Souvent châtain, il peut aussi se décliner en alezane. En raison de sa stature assez peu élevée, ce n’est pas au galop, qu’il donne le meilleur de lui, quoiqu’il atteigne sans problème 30 km/h. Endurant, il est à l’origine plus utilisé pour les travaux des champs et aux longs voyages que pour le sport ou la guerre.

Cheval de paso peruano

Il est de nos jours élevé souvent pour des spectacles d’adresse équestre, lors desquels il danse au son de la musique folklorique, notamment la marinera. Il se distingue en effet des autres races équines par son balancement seulement horizontal, alors que tous les autres chevaux remuent aussi de façon verticale le cavalier. Ce pas latéral, appelé en espagnol le « paso llano » ou plat, permet au cavalier de rester très commodément immobile dans son assise et d’effectuer des acrobaties bien plus audacieuses. Cette particularité est permise par la synchronisation harmonieuse de ses pattes: le cheval lève en même temps ses extrémités antérieure et postérieure du même côté, puis repose d’abord la postérieure puis l’antérieure, et refait de même avec les extrémités de l’autre côté, d’où cette rythmique en quatre temps qui s’entend dans son trot.

Cheval de paso peruano

Cette forme de déplacement lui donne plus d’appuis simultanés au sol que tout autre cheval, ce qui améliore son impulsion et sa réactivité. Les cavaliers mettent en valeur cette agilité en leur faisant exécuter toute une gamme de figures comme le gateado, le picado ou encore le  golpeado. Les concours de chevaux de paso ont commencé dès 1929 dans la région de Lima, à Lurín situé au sud ouest du site archéologique de Pachacámac. Pendant une semaine par an, c’est l’occasion pour éleveurs, cavaliers et admirateurs de décerner des prix de beauté aux chevaux présentés lors défilés, de compétitions d’agilité et de danses folkloriques du littoral. Ils se déclinent désormais toute l’année en compétitions locales et régionales et nationales tout le long du littoral nord, à Chiclayo, Piura, Cajamarca et notamment à Trujillo pendant le Festival International du Printemps.

Cheval de paso peruano

Son harnachement est réalisé en cuir orné d’éléments d’argent et comporte souvent le cabestro, le bozalillo, la cabezada, le bozal, les riendas, le tapa ojo, la montura peruana, la carona, le pellón sanpedrano, la baticola, le florón et la retranca. Les cavaliers, appelés « chalanes », sont quant à eux traditionnellement vêtus de blanc, avec un chapeau de paille et un foulard blanc, un poncho souvent de vigogne, un ceinturon et des bottes noires ou marron. Il est protégé par les lois du pays depuis 1992. Le Mincetur, Ministère du Commerce Extérieur et du Tourisme, lui dédie même chaque troisième dimanche d’avril une fête nationale. La Coproba, Commission Nationale des Produits phares, l’a reconnu en 2013 comme icône de l’identité péruvienne, au même titre que 9 autres spécialités du Pérou; la céramique, l’orfèvrerie d’argent, le coton, les camélidés, la racine andine maca, le fruit lúcuma, les asperges, la gastronomie et le pisco.