La culture Viru Gallinazo, au Pérou

La culture Viru Gallinazo

La culture Viru Gallinazo se développa sur le litoral nord du Pérou du IIe siècle avant J.-C. au IVe après J.-C.

Implantation et identification

La Culture Viru Gallinazo se développe sur le litoral nord du Pérou du IIe siècle avant J.-C. au IVe après J.-C. . A son apogée, elle comprend les vallées de Jequetepeque, La Leche, Santa, Nepeña, Casma et Huarmey. Elle tient  son nom du site de Virú où la population Gallinazo implante son centre administratif et religieux principal. Malgré son extension géographique et sa longue présence le long du littoral péruvien, la culture Viru est restée dans l’ombre des recherches archéologiques importantes consacrées à la culture Moche quasi contemporaine. Leur proximité géographique font que leurs styles se mêlent, et beaucoup d’experts laissent de côté les débuts du développement de cette même population Gallinazo, pourtant essentiels pour comprendre le raffinement des Moche.  De plus, les débuts de la cultura Viru se confondent avec la fin de la culture Salinar, dont ils héritent de beaucoup de caractéristiques.

Artisanat viru

La céramique viru est en général rouge, ornée d’incisions, de motifs peints en blanc. On observe aussi des dessins en négatif obtenus par l’application de pigments noirs comme chez la culture Recuay. Les formes traditionnelles sont les vases à anses en étriers, les bouteilles modelées en forme de visage ou d’animal, et les doublés récipients unis par une anse en pont. Ce sont les Virus qui inventent les  « huacos », vases-portraits souvent reconnaissables à leurs yeux en amande, qui seront repris et portés à leur perfection par les Mochicas. En métallurgie, c’est le début des alliages d’or et de cuivre sur tout le littoral.

Cruche à motif géométrique viru, Musée d’Art Precolombien de Cuzco

Architecture vicu

L’architecture vicu utilise l’adobe pour des édifices monumentaux, hautes pyramides qui accueillent les cérémonies religieuses et palais fortifiés en surplomb de la vallée pour la défendre, comme la forteresse de Tomabal sur la rive gauche du río Virú. C’est l’archéologue Bennett qui identifie en 1950 une zone octogonale de 13 km2 où les habitations sont disposées autour d’un couloir commun entouré de murs de 2,25 m de haut, autour desquels des greniers semi enterrés permettaient de stocker les vivres. Les grandes demeures de fonctionnaires sont situées un peu en retrait des zones plus densément peuplées réservées aux classes plus humbles, et dont il ne reste presque rien en raison des matériaux plus périssables comme la paille et le bois. Les Vicus construisent aussi un système d’irrigation essentiel pour assurer la production agricole sur ces terres arides. Ils y cultivent haricots, maïs, coton, yuca ainsi que des fruits comme le lúcuma.

Fin de la culture Viru

La capitale de Viru se situe à 25 km de la vallée de Moche, où se développe la cultura Mochica qui prend le dessus au IIe siècle, provoquant sa disparition.