Tupac Amaru II

Tupac Amaru II

Túpac Amaru II fut le leader de la plus importante rébellion anti-coloniale d’Amérique au XVIIIe siècle.

Tupac Amaru II

José Gabriel Condorcanqui Noguera, Marquis de Oropesa, dit José Gabriel Túpac Amaru ou encore Túpac Amaru II est le leader de la plus importante rébellion anticoloniale d’Amérique au XVIIIe siècle. Il est aujourd’hui un symbole pour de nombreux mouvements amérindiens.

Héritier à la fois de la noblesse inca et espagnole, Túpac Amaru est né dans une famille aisée le 19 mars 1742 à Tinta. Il est éduqué chez les Jésuites de Cusco et fait par la suite fortune dans le négoce et l’exploitation de mines et de terres agricoles. Chef traditionnel des Indiens de Surimaná, Tungasuca et Pampamarca de par ses illustres ascendances inca, il bénéficie d’un certain prestige chez les Indiens et Métis de la région. C’est ainsi qu’il prend la tête d’une rébellion contre les autorités espagnoles du Pérou en 1780. Cette révolte précédée par plusieurs autres a pour objet les impôts et taxes jugés écrasants par la population. Mais c’est avec l’assassinat du maire de Tinta que s’enflamme réellement l’insurrection.

Tupac Amaru II

Celui qui s’appelait encore Condorcanqui adopte alors le nom de Túpac Amaru II comme symbole de la résistance contre les colonisateurs et prend la tête des rebelles. Il se présente comme le restaurateur et légitime héritier de la dynastie inca et envoie des émissaires pour étendre la révolte à tout le Pérou. Cependant, il prend soin de ne s’opposer qu’aux autorités locales et de se déclarer fidèle au roi d’Espagne Carlos III. Le premier détachement envoyé pour réprimer la rébellion est mis en déroute par les troupes de Túpac Amaru II. Ce dernier poursuit sa contre-offensive jusqu’à Cusco mais est repoussé par les défenseurs de l’antique capitale.

Entre-temps, le vice-roi Agustín de Jáuregui lance contre lui une troupe de 17 000 hommes, tout en essayant de décourager le mouvement en faisant des concessions aux Indiens, comme la création d’une juridiction pour recevoir leurs plaintes ou contrôler le pouvoir des autorités locales. Túpac Amaru II est vaincu à la bataille de Checacupe en 1781, livré par certains de ses hommes aux Espagnols, qui le jugent et l’exécutent à Cuzco. La gravité de la menace que cette révolte a fait peser sur l’empire espagnol d’Amérique aura pour réponse la grande cruauté du vice-roi, qui fit écarteler Túpac Amaru II et disperser chaque partie de son corps dans les zones rebelles afin de donner à l’exécution une valeur exemplaire et étouffer la rébellion. Celle-ci  se prolongea encore quelque temps avec un cousin et un neveu de Túpac Amaru II à sa tête et finit par s’éteindre. Il fut écartelé puis décapité le 18 mai 1781 à Cusco.