Immigration asiatique au Pérou

Immigration asiatique au Pérou

Une communauté japonaise importante, une communauté chinoise en mutation

Une communauté japonaise importante

Passée sur le devant de la scène en 1990 avec l’élection d’Alberto Fujimori à la présidence péruvienne, la communauté japonaise est pourtant longtemps restée discrète au Pérou. C’est une des plus récentes des nombreuses vagues d’immigration qui ont peuplé le Pérou au fil des siècles. Elle commence en 1899, suite aux accords que contractent les compagnies d’immigration japonaises chargées par le gouvernement impérial d’accélérer la modernisation de l’ère Meiji en envoyant les travailleurs ruraux à l’étranger.

Immigration asiatique au Pérou

Le Pérou s’impose alors comme une des destinations plus attractives, pour pallier aux limitations établies par les habituels pays d’immigration japonaise comme Hawaii, le Mexique, le Canada et les Etats-Unis. Le Pérou, en manque de main d’œuvre agricole pour les grandes exploitations de canne à sucre ou de coton  propose de plus une politique attractive, en la personne d’Augusto Bernardino Leguia qui gouverne le pays pendant 15 ans entre 1908 et 1930. Actuellement, les résidents japonais au Pérou ont engendré environ 80 000 descendants, que l’on nomme Nisei à la deuxième génération et Sansei à la troisième.

Une communauté chinoise en mutation

L’immigration chinoise a obéi au même besoin de main d’œuvre qui a commandé l’arrivée des Japonais, mais à une époque antérieure, vers 1850. On parle de 100 000 coolies chinois arrivés en moins de 30 ans, à 95% cantonais. Leurs emplois les plus fréquents étaient les travaux pénibles de collecte du guano qui fit la fortune du Pérou au début du XXe siècle, et de manœuvre agricole dans les grandes propriétés du littoral. La plus forte concentration d’immigrants chinois hors de la capitale se trouve à Iquitos à la fin du XXe siècle, en raison de la forte demande de main d’œuvre pour les exploitations des chemins de fer ou des cultures de caoutchouc de la forêt amazonienne. La communauté chinoise au Pérou connait des fluctuations en terme de nombre, de 11 000 représentants dans les années 1940, à seulement 1 700 en 1981, elle s’est à nouveau accrue avec 3 450 Chinois recensés sur le territoire péruvien en 2007. Les chino-péruviens appelés tusán, qui signifie né sur place, sont les enfants d’immigrants qui ont choisi la nationalité péruvienne. Les immigrants plus récents proviennent du Fujian de Hong Kong, Macao et Taiwan.

Japonaise au Pérou

De nouvelles communautés malaises et indonésiennes se sont jointes à eux pour fuir les violences politiques des années 1960 à 1990. Beaucoup d’entre eux ont pour objectif d’émigrer à terme aux Etats Unis, ne considérant le Pérou que comme une bonne plate forme d’entrée sur le continent américain. De nombreuses traditions chinoises se sont implantées durablement au Pérou, et façonnent son patrimoine métissé. Le quartier chinois de Lima, appelé Capon comme la rue autour de laquelle il est né, est un des premiers sur le continent américain. Les chifas, qui tiennent leur nom de la combinaison des mots manger et riz en cantonnais, sont de réelles institutions depuis la création de la première de ces cantines en 1921. L’arroz chaufa est ainsi une spécialité culinaire populaire incontournable, qui mêle riz, légumes, œuf et morceaux de viande frits à la poêle.