La Yawar Fiesta, au Pérou

La Yawar Fiesta

La fête du sang est un événement de village qui permet de régler de façon rituelle les conflits d’intérêts locaux.

Condor dans les Andes péruviennes

La Yawar Fiesta, ou fête du sang, est une fête de village qui permet de régler de façon rituelle les conflits d’intérêts locaux, sans avoir recours à la justice de l’Etat ou à la vengeance personnelle. C’est aussi l’occasion pour les quartiers des villages de faire une compétition de bravoure.

Elle ne se perpétue plus que dans de rares sites andins comme Chalhuanca, Cotabamba ou Coyllurki. Elle peut durer jusqu’à une semaine à partir du 28 juillet, fête nationale qui commémore la déclaration d’indépendance par José de San Martín.

L’origine serait une reconstitution par les colons espagnols des spectacles de tauromachie avec les paysans indigènes, appelés wakchas ou péones.

La Yawar Fiesta

L’arène improvisée, le défilé de l’haciendado ou propriétaire des taureaux, et les passes de ceux qui affrontent la bête au péril de leur vie rappellent en effet beaucoup le cérémonial des corridas européennes. Mais le manque d’expérience des indiens qui s’improvisent torero entraine beaucoup d’accident, ce qui a donné son nom à la populaire fête du sang.

Des variantes locales se sont ajoutées pour offrir une prestation plus spectaculaire au public. Quelques semaines avant la fête, les villageois capturent un condor dans la montagne en l’appâtant avec des carcasses de bétail. Le jour dit, ils attachent les pattes de l’oiseau de proie vivant sur le dos du taureau qui rue pour s’en libérer. Cette lutte animale symbolise une sorte de revanche de l’oiseau sacré inca sur les conquistadors espagnols représentés par les charges aveugles et violentes du taureau. Si le condor survit aux rodéos, il est relâché et vénéré comme l’Apu Kuntur ou condor sacré.