Général José de San Martín

Général José de San Martín

Il fut l’un des grands meneurs des indépendances sud-américaines, connu comme le Libertador d’Argentine, du Chili et du Pérou.

San Martín, statue à pueblo libre, Lima

José de San Martín est né le 25 février 1778 en Argentine à Yapeyú, dans l’actuelle province de Corrientes dont son père était le lieutenant-gouverneur. Il est l’un des grands meneurs des indépendances sud-américaines, connu comme le Libertador d’Argentine, du Chili et du Pérou. Sa carrière militaire débute en 1789 dans l’Espagne où il a immigré en 1786. Après plusieurs campagnes dans lesquelles il se distingue par sa bravoure, il rejoint les rangs de l’armée des Bourbons ; il lutte alors contre Napoléon Bonaparte qui a remplacé le roi d’Espagne Ferdinand VII par son frère Joseph. San Martín est promu au grade de capitaine pour ses faits d’armes contre les Français, suite à la bataille victorieuse de Baylen le 19 juillet 1808.

Traversée des Andes par José de San Martín, début 1817, MNAAP Lima

Combattant aux côtés des Anglais, il fait la connaissance de Lord Macduff qui l’initie à la franc-maçonnerie. Lors d’un séjour à Londres, il est introduit auprès des loges qui réunissent les indépendantistes d’Amérique du Sud. C’est sur leur modèle qu’à son retour en Argentine en 1812, il fonde la loge Lautaro, du nom d’un chef indien Mapuche qui avait lutté contre les Espagnols au Chili au XVIe siècle.

Son expérience militaire acquise dans les guerres européennes lui confère un certain prestige dans l’élite argentine. C’est ainsi qu’il est chargé de protéger les côtes d’un débarquement royaliste, par le jeune pouvoir qui prend le contrôle de la ville de Buenos Aires et a décidé de ne plus reconnaître la tutelle du roi d’Espagne, à la suite du Paraguay et en même temps que le Chili. Sa victoire éclair lors de la bataille de San Lorenzo en août 1813 contre le débarquement d’un contingent espagnol sur les rives du río Parana lui vaut un retour triomphal à Buenos Aires et le début d’une grande notoriété.

Uniforme des grenadiers de San Martin, MNAAP Lima

La guerre fait rage sur le río de la Plata et au nord de l’Argentine, à la jonction entre le Pérou, la Bolivie et l’Argentine. San Martín se rend compte de la nécessité de mener la guerre dans le Haut-Pérou, où se sont repliées les forces royalistes loyales à Ferdinand VII. Cependant, les troupes des Provinces-Unies ne parviennent pas à passer l’altiplano et se font repousser vers les plaines de Salta à chaque offensive. San Martin échafaude alors un plan de conquête secret : lancer une offensive à travers les Andes par le Chili, et attaquer Lima par le Pacifique.

Armes péruviennes de l’indépendance, MNAAP Lima

Il insiste d’abord pour que le Congrès proclame officiellement l’indépendance des Provinces-Unies du Río de la Plata, ce qui est fait le 9 juillet 1816. Institué commandant en chef de l’Armée des Andes par Juan Martín de Pueyrredón, il part de Mendoza le 12 janvier 1817 pour traverser la chaîne de montagnes. Après la victoire de Chacabuco le 12 février, il est accueilli à bras ouvert à Santiago du Chili ; il y est même nommé Directeur Suprême du Chili, avant de laisser cette mission à Bernardo O’Higgins pour poursuivre son objectif péruvien. Le 20 août 1817, son expédition de 4 000 hommes s’embarque pour Pisco, et San Martin déclare finalement l’indépendance du Pérou le 28 juillet 1921. Il laisse à nouveau sa nomination de Protecteur du Pérou pour rentrer en Argentine.

Veuf depuis peu et accusé de comploter contre les nouvelles autorités argentines, il décide de rallier l’Europe avec sa fille unique. Bien que Généralissime du Pérou, du Chili et des Provinces-Unies du Río de la Plata, il ne pourra jamais remettre le pied sur les terres qu’il a libérées. Il meurt en France à Boulogne-sur-Mer le 17 août 1850 à l’âge de 72 ans.