Susana Baca

Susana Baca

Susana Baca est la voix de la musique afro-péruvienne, à la fois musicienne emblématique et historienne de la musique traditionnelle du Pérou.

Susana Baca  – Licence CC Flickr

Née à Lima le 24 mai 1944 d’un père guitariste et d’une mère danseuse, elle descend de la famille De la Colina célèbre à San Luis de Cañete pour ses musiciens de renom. Ses oncles, le chanteur Caitro Soto et le virtuose du cajon Ronaldo Campos sont les fondateurs de l’association Perú Negro qui milite pour la conservation du patrimoine musical afro-péruvien depuis 1969.

Susana choisit très tôt de dédier elle aussi sa vie à collecter rythmes et mélodies quasiment oubliés de cette tradition musicale héritée des esclaves africains emmenés au Pérou par les colons espagnols. Elle est diplômée en 1968 comme enseignante à l’Université Enrique Guzmán y Valle, qui lui confèrera le titre de Docteur Honoris Causa en 2009. La célèbre chanteuse Chabuca Granda choisit Susana pour continuer son œuvre inlassable de récupération du folklore péruvien ; elle va jusqu’à l’embaucher comme assistante personnelle et la loger chez elle.

Après la mort de la grande diva, Susanna finance ses recherches des bourses de l’Institut d’Art Moderne du Pérou et de l’Institut National de Culture Péruvienne. Son mari Ricardo Pereira l’appuie dans cette démarche avec son apport de sociologue, et ils parcourent ensemble tout le littoral péruvien pour récupérer des témoignages dans les villages de descendants africains. Leur livre Del fuego y del agua paru en 1992 représente 11 années de recherche. En 1995, ils fondent ensemble l’Institut Negrocontinuo pour alimenter leur oeuvre de sauvegarde de la culture afro péruvienne.

En parallèle, elle continue à chanter et écrire ses propres thèmes musicaux. Elle gagne le prix d’interprétation et de  composition au premier Festival International d’Agua Dulce. David Byrne, avec son label Luaka Bop créé en 1995, se charge de la production de sa compilation Lamento Negro. Ce disque fera date avec le célèbre titre María Landó. En 2002, reçoit le Grammy Latino de Best Folk Album et est cité pour le Best World Music Album.  En 2011, elle reçoit un second Grammy pour la Latino chanson Latinoamérica gravée en collaboration avec les chanteuses brésilienne María Rita et colombienne Totó La Momposina, et avec le groupe portoricain de rap Calle 13.

En 2011, elle devient la seconde femme afro-péruvienne à occuper un poste de ministre en se chargeant du cabinet de la culture sous le gouvernement d’Ollanta Humala. La même année, l’OAE (Organisation des Etats Américains) la choisit pour présider la Commission Interaméricaine de la Culture.