Chabuca Granda

Chabuca Granda

Chabuca Granda est la chanteuse qui a rendu ses lettres de noblesse au folklore péruvien.

Chabuca Granda

María Isabel Granda y Larco naît dans une ville minière de la région d’Apurímac le 3 septembre 1920. Elle déménage dès ses 3 ans à Lima, ville à laquelle son parcours musical restera toujours intimement lié. Elle commence à chanter dès l’âge de 12 ans, dans le chœur de son école de Barranco. En 1937, elle forme le duo Luz y Sombra avec son amie Pilar Mujica Álvarez Calderón. Elle ne se consacre totalement à la musique qu’après un divorce mouvementé avec le Brésilien Enrique Demetrio Fuller da Costa, père de ses trois enfants.

Elle choisit alors le nom d’artiste Chabuca et se consacre à chanter la vie quotidienne du Lima du tournant du XIXe au XXe siècle. En 1948, elle gagne le concours de valse de la mairie de Rímac, et affermit son style très pittoresque et populaire. Elle s’inspire particulièrement du quartier de son enfance, Barranco. C’est en 1953 que sa carrière est lancée par La flor de la canela, valse à la fois gaie et mélancolique, dédiée à une amie afro-péruvienne et enregistrée avec le groupe Los Chamas.

Chabuca Granda

Grande chanteuse traditionnelle, elle contribue à rendre ses lettres de noblesses au folklore péruvien aux côtés des Troveros Criollos et du trio Los Morochucos. Elle compose et interprète des valses criollas et des airs afro-péruviens. Ses plus grands succès, José Antonio, El Puente de los suspiros et Fina estampa sont devenus des morceaux incontournables du patrimoine culturel péruvien, toujours diffusés par la radio péruvienne et régulièrement interprétés. Elle reste la voix emblématique du Lima des années 1940 et 50.

Sa voix devient plus grave suite à des problèmes de santé qui l’envoient en Allemagne en 1953, puis aux Etats Unis en 1958. Son duo avec le guitariste Óscar Avilés de 1950 à 1970 l’emmène en tournée dans toute l’Amérique Latine et jusqu’en Espagne. Elle a donné le jour à un style original de valse, en changeant les rythmes traditionnels, amplifiant la tessiture des mélodies et enrichissant l’aspect poétique des paroles de chaque chanson.

Chabuca Granda

Considérée comme avant-gardiste par les tenants de la tradition, et comme traditionnelle par les plus modernes, elle propose une nouvelle vision de la chanson populaire, où la mélodie varie sans cesse d’une strophe à l’autre. Elle mêle avec audace tondero, rythmes africains et valse dans de belles compositions à l’image de son pays métissé.

Elle dédie un ensemble de chansons à la grande folkloriste chilienne Violeta Parra et au poète péruvien Javier Heraud. A la fin de sa carrière, elle se dédie plus particulièrement à accompagner la renaissance de la musique afro-péruvienne. Elle est engagée dans de nombreux projets quand un arrêt cardiaque l’emporte brutalement le 8 mars 1983 à Miami. Un buste perpétue sa mémoire sur la place qui porte son nom en dessous du Pont des soupirs de Barranco, à Lima.