Vaccins & vaccinations obligatoires. Santé au Pérou, paludisme, fièvre jaune

Conseils santé au Pérou: vaccins & vaccination obligatoires, paludisme, fièvre jaune

Informations pratiques sur les vaccins nécessaires au Pérou et conseils pour bien supporter l’altitude.

Soins et prévention

Infrastructures sanitaires
Il est conseillé aux voyageurs suivant un traitement régulier de se munir de médicaments en quantité suffisante pour la durée de leur séjour. Les infrastructures sanitaires sont satisfaisantes dans les grandes villes, où les problèmes médicaux et chirurgicaux pourront être pris en charge, après avis de la compagnie d’assistance et éventuellement des services consulaires de votre pays. Les frais d’hospitalisation et de soins médicaux peuvent être élevés dans les établissements privés et les hôpitaux exigent souvent des ressortissants étrangers le paiement en espèces de l’intégralité des dépenses préalablement à toute intervention. Aussi est-il vivement recommandé aux touristes de souscrire avant leur départ à une assurance couvrant ce genre de dépenses ainsi que les frais de rapatriement.

Vaccin
Il n’y a pas de vaccin obligatoire à l’arrivée au Pérou si vous n’allez pas dans la zone amazonienne. Comme lors de tout voyage, l’idéal est d’être immunisé contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, les hépatites A et B, éventuellement la typhoïde. Le vaccin contre la fièvre jaune est en revanche obligatoire pour voyager dans la forêt tropicale située sous 2300 m d’altitude, dans les régions amazoniennes d’Amazonas, Loreto, San Martín, Ucayali, Junín et Madre de Dios. Les moustiques sont une vraie nuisance dans les zones humides, mais il suffit de se protéger des piqures à l’aide de vêtements longs et de lotions répulsives, sans avoir nécessairement recours à une prophylaxie médicamenteuse contre la malaria.

Boissons
Nous vous conseillons vivement de ne pas boire l’eau du robinet et de préférer la consommation d’eau minérale que l’on peut se procurer à chaque étape dans un village, si petit soit il. Il existe de nombreuses boissons typiques, dont le licuado, mélange de fruits exotiques et de lait, mais il vaut mieux être vigilant quant aux fruits et légumes crus consommés. La chicha, une recette traditionnelle précolombienne à base de maïs, présente moins de risques, tout comme le pisco, véritable boisson nationale à base de raisin produite par de nombreuses bodegas de la région d’Ica aussi à l’origine des vins péruviens.

Mal des montagnes

L’arrivée soudaine à plus de 3000 m d’altitude peut entraîner divers symptômes : palpitations, essoufflement, céphalées, vertiges, nausées… En arrivant à Puno ou Cusco, il est conseillé de prendre un thé de coca et de se reposer quelques heures pour permettre à l’organisme de s’adapter au manque relatif d’oxygène. Les premiers jours, il vaut mieux limiter ses efforts. La plupart des personnes en bonne santé s’acclimatent correctement à l’altitude à condition de respecter quelques règles simples; attention toutefois à ne pas prendre ce risque à la légère.

En altitude, la pression atmosphérique diminue, donc la pression d’oxygène aussi : il y a moins de molécules d’oxygène disponibles pour l’organisme dans un même volume d’air. L’organisme réagit à ce manque d’oxygène ou hypoxie par le mécanisme suivant: augmentation de la ventilation et de la fréquence cardiaque afin d’essayer de capter davantage d’oxygène dans l’air et de le transporter plus rapidement aux organes qui en ont besoin. Cette réaction, qui va durer quelques jours, est coûteuse pour l’organisme sur le plan énergétique puisque les muscles respiratoires et cardiaques vont être davantage sollicités.

Mais ce mécanisme va être complété ou remplacé par un autre plus économe: l’augmentation du nombre de transporteurs d’oxygène, les globules rouges produits par la moelle osseuse. Leur temps de fabrication explique qu’il faut au minimum une semaine de séjour à une altitude suffisante pour voir apparaître leur augmentation dans le sang. La ventilation et la fréquence cardiaque pourront alors diminuer, sans toutefois revenir aux valeurs de base, surtout si la montée en altitude se poursuit. Des modifications hormonales complexes vont également se produire, permettant d’éviter une rétention d’eau par l’organisme, phénomène le plus grave entraîné par une mauvaise acclimatation à l’altitude.

Comment éviter le mal d'altitude ?

Facteurs et symptômes
Le principal facteur d’apparition du mal des montagnes est une montée trop rapide en altitude. Il apparaît généralement au-dessus de 3.500 m, mais parfois dès 2.000 m en exercice ou 3.000 m au repos. L’âge n’a pas d’influence, mais les jeunes et les sportifs sont en général plus atteints car ils montent trop vite. Le risque est élevé au dessus de 1.800 m pour les nourrissons de moins de 12 mois. L’entraînement est un point positif, mais ce n’est pas une prévention. Le seul facteur déterminant est la nature génétique de chaque individu. Les symptômes sont les maux de tête (96% des cas), le manque d’appétit (38%), les nausées (35%), l’insomnie (70%), les vertiges, les vomissements, l’essoufflement au repos, la fatigue anormale ou disproportionnée, la diminution des urines. Le test de début de trouble consiste à marcher un pied devant l’autre sur une ligne tracée au sol ou à fermer les yeux en mettant les bras le long du corps. S’il y a perte d’équilibre, on est atteint. Les symptômes les plus alarmants sont les vomissements, les malaises et les troubles du comportement, qui peuvent annoncer un œdème pulmonaire ou cérébral dont les conséquences peuvent être fatales.

Prévention et traitement
Ne pas monter trop vite trop haut dans le cas d’une ascension à pied: 300 à 500m de dénivelé par jour au-delà de 3.500 m. Ne pas faire d’efforts physiques inutiles ou inconsidérés, comme courir pour aller prendre des photos. Boire suffisamment d’eau. Il est très important de s’hydrater régulièrement et d’uriner car l’œdème est un problème de rétention d’eau. Ne pas prendre de somnifères, qui favorisent les pauses respiratoires pendant le sommeil et aggravent donc l’hypoxie. Ne pas refuser le diagnostic: la réponse ventilatoire à l’hypoxie est déterminée génétiquement, c’est pourquoi certains sujets s’acclimatent moins bien que d’autres dans un groupe. Boire du maté de coca, boisson à base de feuilles de coca, est le médicament traditionnel recommandé contre le soroche ou mal d’altitude. Pour les symptômes légers comme les maux de tête, l’aspirine peut aider. Le remède le plus efficace reste la descente, qui soulage toujours à condition de ne pas trop attendre. Une prise d’oxygène de quelques minutes permet en général une amélioration qu’il faut mettre à profit pour redescendre. Attention, il ne faut pas en tirer la conclusion d’un répit pour poursuivre l’ascension. La prise d’oxygène n’est pas un dopant, elle permet seulement de redescendre dans les meilleures conditions possibles.