La 8ème édition du Festival de Cinéma Péruvien de Paris

La 8ème édition du Festival de Cinéma Péruvien de Paris

04 avril 2015Culture et Patrimoine

Ce rendez-vous incontournable installe la onda latina du 7 au 14 avril 2015 dans le quartier latin.

El Impenetrable

A la découverte d’un cinéma méconnu
Le Pérou n’est pas le premier pays qui vient en tête lorsque l’on pense cinéma latino-américain. Pendant des décennies, la scène nationale a en effet été étouffée par les grosses productions voisines des Etats Unis et du Mexique, puis par l’instabilité politique entraînée par la guérilla du Sentier Lumineux.

Depuis quelques années, on assiste à l’émergence d’une nouvelle génération dynamique de cinéastes péruviens. Ce festival créé en 2004 par l’association Pérou Pacha invite à découvrir l’actualité du 7ème art au Pérou, en présentant aux spectateurs français les créations cinématographiques péruviennes qui souvent n’accèdent pas au marché européen. A raison de 2 à 3 séances par jour, on voyage entre documentaires, longs et courts métrages, et on repart avec un aperçu représentatif de l’actualité du cinéma péruvien.

Un moment convivial de rencontres
C’est dans un climat détendu que l’on est reçu avec une cordialité toute péruvienne. Les créations sont présentées par leurs réalisateurs ou comédiens. C’est ainsi à la fois l’occasion de déguster des spécialités gastronomiques péruviennes en discutant avec les talents dont on vient de découvrir les œuvres.

Le festival est aussi un lieu de rencontres professionnelles important pour les réalisateurs, producteurs et distributeurs. En effet, l’industrie péruvienne du cinéma a besoin de s’appuyer sur des coproductions internationales et les crédits de fonds comme Ibermedia espagnol, Conacine péruvien ou Fond Sud français, faute d’un marché interne assez important. Le pays compte en effet moins de 400 écrans et une quarantaine de cinémas dont les ¾ à la capitale. Et quasiment 94% des spectateurs recherchent les grosses productions étrangères, ce qui ne laisse de la place qu’à quelques dizaines de productions nationales par an en moyenne. Pierre Emile Vandoorne, en charge du cinéma au Ministère de la Culture du Pérou, fera aussi l’honneur de sa présence, pour tisser des liens plus étroits de coopération interculturelle avec le CNC français. Des noms connus du cinéma seront de la partie, comme Anémone qui joue dans La Chose d’Alvaro Velarde, co-produit avec le Français Jean Lauriot. Laissez-vous dépayser par le talent de la nouvelle génération de réalisateurs péruviens.

Un programme alléchant pour ce 8ème cru
Amateur ou professionnel, n’hésitez pas, c’est une occasion unique de découvrir les belles surprises du cinéma péruvien. Cette édition 2015 s’ouvre avec plusieurs sorties en avant première sur le sol européen. Le prix du festival Le soleil tournant de l’artiste péruvienne Gianina Lanatta sera enfin attribué à l’œuvre élue.

Au cœur de l’actualité, entre la 20ème Conférence des Parties de la Convention Cadre des Nations-Unies sur les Changements Climatiques (COP20) qui s’est passée à Lima en décembre dernier, et la 21e prévue à Paris, le festival propose une section Panorama dédiée aux enjeux environnementaux. Si vous êtes intéressés par les thèmes de protection de la biodiversité et des traditions millénaires, c’est l’occasion de débattre en direct avec des équipes qui ont réalisé sur place les deux documentaires sélectionnés. Ainsi, La Espera de Fernando Vilchez évoque la mobilisation violente survenue le 5 juin 2009 des communautés indigènes awajún et wampis pour défendre leurs terres cédées à des entreprises multinationales. El Gran Dragon de Gildas Nivet et Tristan Guerlotte s’attache quant à lui à décrire la richesse des pratiques médicinales ancestrales, mise en péril par la déforestation et la pression de lobbys.

Le festival se clôture par un hommage à Nora de Izcue, invitée d’honneur du festival qui présentera à plus de 80 ans son dernier documentaire Responso por un abrazo, une biographie du poète péruvien Cesar Calvo. Première femme cinéaste péruvienne, elle s’est fait remarquer en 1973 avec Runan Caycu, un documentaire sur les conflits entre les paysans indigènes et les grands propriétaires, censuré par le gouvernement de l’époque.

Informations pratiques :
Cinéma : Cinéma Saint-André des Arts
Adresses : 30, rue Saint André des Arts ou 12, rue Git-le-Coeur 75006 Paris
Tarifs : 8 €, réduit : 6,50 € (étudiant, moins de 20 ans, sénior, chômeur), 10 places : 50 €.
En savoir plus : www.peroupacha.com