Le chamanisme au Pérou, rites, croyances et religion

Chamans au Pérou

Les chamans sont les gardiens d’un système complexe de rites et croyances traditionnels, qui mêle prières catholiques et cosmovision andine.

Fonction religieuse et sociale du chaman

Le chaman est considéré comme le dépositaire de la sagesse immémoriale, transmise par oral lors de son initiation par d’autres chamans. Son rôle est de rétablir l’équilibre entre le monde terrestre et le monde spirituel, et il se définit comme une sorte de pont entre ces deux sphères. Pour ce faire, il doit régulièrement se ressourcer par des retraites accompagnées de jeûnes et de prises de substances hallucinogènes qui le connectent avec le monde des esprits. Il réalise ainsi des voyages intérieurs en état modifié de conscience qui lui permettent de se mettre à l’écoute des messages de l’autre monde, et d’en informer la communauté ocale à son réveil.

Images sacrées du curandero, Tucume

Lors des fêtes, Les chamans versent traditionnellement à terre un peu de la chicha qu’il va boire. Lors de leurs rituels ancestraux, de « pago a la Pachamama », aussi dit « challa », les paysans enterrent des aliments. Ils enterrent en offrande une sorte de paquet constitué de fleurs de cantuta, d’un foetus de lama et de trois feuilles de coca confiée à la Pachamama pour qu’elle les réalise. La Pacha Mama est la Terre mère, symbole de féminité et de fécondité. Elle donne vie aux plantes et aux hommes par les récoltes. Elle est régulièrement vénérée, encore de nos jours, pour demander l’abondance, que ce soit pour les richesses, la santé ou le succès.

Chaque élément de la vie quotidienne a son esprit tutélaire, à qui il faut faire des offrandes pour s’attirer ses faveurs.
Les « conopas » sont ainsi les plus beaux fruits de la récolte, offerts en libation pour manifester sa reconnaissance et confier la prochaine récolte. Ils ont chacun une identité propre, parfois représentée sur les céramiques ; Papamama pour la pomme de terre, ou Saramama pour le maïs.
Les « illas » désignent les esprits attachés aux animaux domestiques. Représentés par des miniatures sculptées en pierre, ils sont enterrés au sommet des montagnes pour confier les élevages. On retrouve des illas de lama qui témoignent de la continuité de cette pratique depuis les cultures précolombiennes qui ont précédé les Incas.
Les « apachetas » sont de petits monticules de pierres sèches édifiés au bord du chemin ou sur un sommet, pour faire honneur à la divinité de la montagne dite Apu, ou à la Terre-Mère dite Pachamama.