Faune terrestre : rongeurs du Pérou

Rongeurs du Pérou

Le Pérou regorge de rongeurs d’une diversité impressionnante.

Le cuy (Cavia porcellus)

Le cuy est un gros rongeur prisé pour sa viande, et l’un des plats nationaux du Pérou. Son nom vient du mot quechua quwi qui signifie cobaye. Il existe aussi en version sauvage et est chassé pour sa chair savoureuse. Il est en général consommé dès qu’il atteint 500 g, même s’il peut mesurer jusqu’à 50 cm et peser 4 kg. Il ne vit pas plus de 3 ans, car son métabolisme est fortement sollicité par sa croissance rapide. Il a une stature plus massive et une tête plus grosse que le cochon d’Inde. Il existe sous diverses variantes, à poil court, long ou à rosettes. Les cuys au pelage crème sont plus valorisés que ceux à la peau plus foncée. Les paysans andins ont très souvent un petit élevage de cuys ; sa constitution rustique lui permet de s’adapter à la vie en haute altitude. Il est à la base de nombreuses recettes traditionnelles péruviennes, et figure aux menus de fêtes. Le cuy est aussi utilisé dans la médecine traditionnelle ; le guérisseur observe ses mouvements  sur le corps du patient pour identifier l’organe atteint, puis il lit son diagnostic dans ses entrailles.

La viscache des montagnes, vizcacha montesa del Norte (Lagidium peruanum)

La viscache est un petit mammifère rongeur de la famille des chinchillas, qui se décline en cinq espèces différentes selon sa région. Elle vit en Amérique du Sud, principalement dans les Andes, du Pérou à l’Argentine. Grise ou brune, elle a une queue et des oreilles touffues. Contrairement à la viscache des plaines, surtout répandue dans la pampa argentine, la viscache des montagnes est native des Andes péruviennes. Elle se reconnaît à l’absence de tâche grise foncé au niveau de la moustache. La viscache du sud a le pelage plus roux que celle du nord. Elle vit en colonies de 10 à 100 individus, qu’elle alerte par des cris aigus en cas de besoin.

L’agouti (Dasyprocta punctata)

Il ressemble à un gros cobaye muni de pattes plus longues. Il vit sur tout le continent, des Etats Unis à l’Amérique centrale et latine. Son pelage peut varier, du brun roux au gris voire au noir, mais il a toujours le ventre plus clair. Il pèse 2,4 à 6 kg pour 44 à 76 cm de long. Il a une courte queue sans poil. Il vit dans les zones boisées, forêt humide ou savane. La nuit, il s’abrite dans des troncs creux ou sous des racines. Il peut trotter ou courir rapidement et nage très bien. Pour chercher sa nourriture, il se réunit en groupes qui peuvent atteindre 100 individus. Il se tient debout sur les pattes arrière pour porter à la bouche sa nourriture avec les pattes avant. Il mange des fruits, des feuilles et des racines. Il est l’un des rares animaux à pouvoir ouvrir les noix d’Amérique à la seule force de ses dents redoutablement aiguisées. Il peut vivre 20 ans.

Le capybara (Hydrochoerus hydrochaeris)

Le capybara, surnommé seigneur des herbes par les Mapuches, est le plus gros rongeur au monde. On l’appelle aussi rosonco au Pérou, capivara au Brésil, carpincho en Argentine et chigüire au Venezuela. Il mesure entre 105 et 135 cm pour un poids de 35 à 65 kg. Il a de petites oreilles arrondies, pas de queue, 4 doigts sur les pattes avant et 3 doigts sur les pattes arrière. Mammifère semi-aquatique, il nage en groupe de 20 individus. Il confie souvent les plus jeunes à la garde d’un adulte. Il a les pattes palmées jusqu’à la base des griffes. Son pelage est en poils durs et bruns. Sa tête a un large museau et de petits yeux surmontés par une glande dont les sécrétions marquent le territoire. Il est muni de 2 paires d’incisives de 2 cm de large qui lui permet de couper des branches et de se défendre. Il a de petites oreilles arrondies et est dépourvu de queue. Excellent nageur, il se déplace sur de longues distances en marchant au fond du fleuve. Il respire au ras de l’eau, entre ses plongées lors desquelles il broute les végétaux fluviaux. Il peut vivre 12 ans.

La loutre géante, lobo del rio ou arirai (Pteronura brasiliensis)

La loutre géante est aussi surnommée loup des rivières en raison de sa réputation méritée de grand prédateur. Elle est marron clair ou café avec une tache crème au cou. Elle peut atteindre 2,4 m de long pour 30 cm de haut, et peser 35 à 40 kg. Elle alterne la nage rapide en se propulsant avec sa queue et ses manœuvres habiles grâce aux membranes qui relient ses doigts. Elle se déplace en groupe familial de 8 individus en moyenne. Elle se nourrit surtout de poissons comme les piranhas. Elle a une manière très élaborée de communiquer, avec pas moins de 8 sons vocaux différents. Elle a été décimée dans les années 1970 lors des « tigrilladas », battues organisées pour le commerce de sa peau. A l’origine présente dans toute l’Amérique du Sud, elle est devenue rare en Argentine, Paraguay et Uruguay, et ne se maintient plus que dans les terres basses tropicales de l’Amazone, l’Orénoque et le Paraná.

Le coati, cusumbo (Nasua nasua)

Le coati est un omnivore répandu du sud des Etats-Unis, au nord-est de l’Argentine et en Uruguay. Assez similaire au raton laveur, il est peu farouche. C’est un animal social, qui reste attaché à son territoire avec sa bande de 20 à 80 individus. La base des groupes est constituée d’une femelle et de ses petits. La nuit, elle se réfugie dans des sortes de dortoirs au sommet des arbres. Les mâles vivent plutôt de nuit, et sont solitaires. De couleur châtain ou noir, il mesure de 40 à 140 cm de long, avec une queue d’une taille équivalente à son corps. Il est muni de griffes courtes et solides qui lui permettent de creuser la terre, et de fouiller avec son long nez. Omnivore, il adapte son alimentation aux saisons, et se nourrit surtout de fruits, insectes, larves, escargots et petits vertébrés. Plantigrade, il sait passer agilement d’un arbre à l’autre. Sa longue queue, qu’il enroule parfois autour des branches, lui sert à garder l’équilibre. Il est aussi à l’aise pour se déplacer sur la terre ferme.

Le grand tatou velu, quirquincho grande ou tatú peludo (Chaetophractus villosus)

Le grand tatou velu atteint 30 cm de long et peut vivre plus de 30 ans. Il est reconnaissable aux longs poils gris blanchâtre qui parsèment sa carapace formée de 18 bandes grises et jaunes. Insectivore, il apprécie particulièrement les larves présentes dans les carcasses. Ses pattes sont munies de sortes d’ongles qu’il utilise pour creuser la terre à la recherche de ses aliments. Il se rétracte en boule sous sa carapace devant les dangers, afin de couvrir son abdomen. On le trouve au Pérou, en Argentine, en Bolivie, au Chili, et au Paraguay. Sa carapace est utilisée pour faire la caisse de résonnance du charango, un instrument à corde traditionnel des Andes.

Le tatou à six bandes, tatú poyú ou armadillo amarillo (Euphractus sexcinctus)

Le tatou à six bandes vit dans les prairies humides au Pérou, au Brésil, en Bolivie, au Paraguay, en Uruguay et en Argentine. Il se reconnaît à sa couleur jaunâtre tirant sur le brun clair. Son dos et sa tête sont protégés par une cuirasse articulée parsemée de petits poils blancs. Il s’installe dans des tanières souterraines, dont il sort pour se nourrir de plantes et de larves.