La culture Pucará, au Pérou

La culture Pucará

La culture Pucará a occupé l’altiplano andin, dans les alentours du lac Titicaca, du IIe siècle avant J.-C. au VIe après J.-C. Venue de la Sierra du nord via la vallée de Cuzco, la culture Pucará aurait laissé des vestiges le long du littoral, au niveau des vallées de Moquegua à l’extrême sud du Pérou actuel, d’Azapa et jusqu’à Iquique au Chili actuel.

Techniques agricoles et d’artisanat

Les Pucarás développèrent une agriculture intensive sur les terres inondables des rives du lac Titicaca. Ils affinèrent la connaissance de techniques hydrauliques élaborées qui permettaient de profiter au maximum des divers écosystèmes où ils s’implantaient sur le versant occidental des Andes. Les cultures les plus courantes étaient des tubercules comme la pomme de terre, l’olluco, l’oca ou la mashua, ainsi qu’un peu de maïs.

Ils organisèrent aussi les premiers élevages d’alpaca, dont la laine filée fut leur monnaie d’échange commercial. On a retrouvé des tissages d’une grande finesse, teints de couleurs naturelles et décorés de divers motifs, qui rivalisent presque avec les grands experts du textile de la culture Paracas.

Leurs céramiques les plus typiques sont des vases à la base large et l’embouchure étroite. Elles sont façonnées à partir d’un mélange d’argile naturelle tamisée et mêlée à de la pierre moulue pour obtenir les couleurs et textures recherchées. Elles sont reconnaissables à leur couleur rouge foncée quasi brune, gravées de légères incisions ou peintes de dessins noirs, gris et jaunes. Les motifs les plus classiques sont le camélidé, le félin et des personnages mythiques.

C’est surtout l’art de sculpter la pierre qui fait l’originalité de la culture Pucara.  Elle fait preuve d’une grande finesse dans la gravure de hauts et bas reliefs sur ses stèles aux motifs  géométriques, zoomorphes ou végétaux. La culture Pucara surpasse même les constructeurs contemporains de Chavín de Huántar par sa  maîtrise des techniques d’assemblage des pierres de colonnes et linteaux, après les avoir taillées et polies de façon à ce qu’elles s’ajustent  parfaitement.

Sculpture animalière en pierre pukara, Musée Inka de Cuzco

La capitale de Pucará

Pucará ou Pukara se trouve à 61 km au nord de Juliaca, à 3 910 m d’altitude. Elle fut habitée de 500 avant J.-C. à 500 après J.-C. et s’étendait sur 6 km² à son apogée. C’est la première cité de l’altiplano, dans le voisinage du lac Titicaca. Cet emplacement au centre des aires de production agricole permettait de varier les sources d’approvisionnements pour s’adapter à l’irrégularité des précipitations dans la région, en profitant des récoltes plus stables des rives du lac Titicaca et du versant oriental des Andes. Diverses colonies secondaires permettaient ainsi de contrôler des niches écologiques distinctes dans les vallées andines, stratégie reprise par la suite par la culture Tiahuanaco.

Le site archéologique de Pucará était dominé par la Qalasaya, une pyramide de plus de 30 m de haut, dont ne reste que des vestiges de la base massive de 300 m de long sur 150 m de large. Ses pierres furent en effet pillées au cours des siècles, et même utilisées au XVIIIe siècle par les missionnaires jésuites comme matériau de construction pour les églises baroques voisines de Santiago de Pupuja et Santa Isabel.

La ville était constituée de plusieurs quartiers délimités par de petites enceintes, aujourd’hui détruites. Chacun correspondait peut être à une spécialisation selon l’activité professionnelle ou le rang social des habitants. La zone était en tout cas densément peuplée de maisons rondes, en pierres sèches unies par un mortier à base de terre. On distingue six pyramides tronquées, avec des plateformes qui devaient accueillir les cérémonies rituelles, ainsi qu’une zone dédiée exclusivement aux tombes.