Escapade en train Lima - Huancayo

En train de Lima à Huancayo

Filez à toute vapeur de Lima à Huancayo, et plongez-vous dans l’ambiance envoûtante du second train le plus haut du monde.

Une épopée ferroviaire

Vous embarquez pour 12 heures de train; vous avez tout le temps nécessaire pour savourer les paysages qui défilent à votre fenêtre, au lent au rythme de la ligne Lima – Huancayo. Le wagon touristique, un peu plus cher que les installations destinées aux locaux, est confortable avec ses sièges inclinables. L’air climatisé et le chauffage permettent de résister aux grandes différences de températures selon l’altitude. Vous pouvez profiter pleinement du paysage grâce aux fenêtres panoramiques et au wagon doté d’un mirador. Un petit-déjeuner, un déjeuner et un pisco sour sont servis pendant la journée de voyage.

Paysage vu de la ligne Lima-Huancayo

Le plaisir rare de flâner

Il est important de bien réserver à l’avance votre billet. En effet, la compagnie ferroviaire centrale andine permet de rallier Lima à Huancayo seulement 12 fois par an, en général lors des ponts et des jours fériés. Le train part vers 7 h du matin de la gare de Desamparados, juste derrière le Palais du Gouvernement à Lima. Le retour a lieu en général 4 jours après le départ, pour profiter de deux jours sur place entre les deux journées de trajet. A 76 km de Lima, la locomotive est remplacée par un engin plus petit au niveau de la gare de San Bartolomé dans la région de Tornamesa. C’est en effet le début des séries de tunnels qui datent du XIXe siècle et sont trop étroits pour les machines modernes. La topographie accidentée explique que le train roule en moyenne à  40 km/h sur les 340 km entre Lima et Huancayo.

Des montagnes russes naturelles

Vous êtes enfin lancé à l’assaut des Andes. Vous franchissez 69 tunnels, 58 ponts et 6 zig-zags comme Viso et Tamboraque. Le chef d’œuvre de cette ligne incroyable reste le viaduc de Verrugas, qui doit son nom à la terrible épidémie qui avait décimé les ouvriers du chantier en 1871. Situé au niveau du km 84, il est haut de 80 m et long de 175 m. On l’apelle aussi le Pont Carrión, en hommage au médecin Daniel Alcides Carrión qui s’était alors inoculé le virus au prix de sa vie pour découvrir un traitement. Au niveau du km 130, le pont El Infiernillo réalise l’exploit de franchir le canyon où coule le río Rímac. C’est l’ingénieur Enrique Meiggs qui a dessiné les 60 m de structure métallique qui unissent les deux tunnels percés dans les montagnes opposées. On est alors entre Tamboraque et Río Blanco, à une altitude de 3.818 m.

Ligne Lima-Huancayo

Gare à l’altitude !

La gare La Galera est le pont ferroviaire le plus haut d’Amérique du sud, avec 4.781 m d’altitude. Le point le plus haut de ce train qui tutoie les nuages se situe au col de Ticlio, avec 4.818 m d’altitude. Cela signifie qu’en seulement 7 heures, les passagers passent du niveau de l’Océan à Lima jusqu’aux sommets les plus hauts de la Cordillère. Il est essentiel de beaucoup boire d’eau et éviter tout mouvement brusque pour ne pas rester étourdi par le mal de l’altitude. Il y a tout de même un service d’infirmerie au cas où quelqu’un se sente mal au cours du trajet.

Des paysages à couper le souffle…

Plusieurs régions géo-climatiques sont traversées tout le long du trajet : la Costa ou Chala (littoral aride entre 0 et 500 m d’altitude,) la Yunga (forêt humide dans des vallées entre 500 et 2.300 m d’altitude), la Quechua (sols fertiles sur des collines entre 2.300 et 3.500 m d’altitude), la Suni ou Jalca (végétation sans arbre en raison des gelées au-dessus de 3.500 m d’altitude), la Puna (plateau de végétation rase entre 4.000 et 4.800 m d’altitude) et la Janca (haute montagne désertique au-dessus de 4.800 m d’altitude). C’est dans ces hauteurs, à 5.200 m d’altitude, que naît le rio Mantaro au niveau de la Lagune de Junín. Il serait la source du fleuve Amazone selon West Hansen qui l’a descendu jusqu’à son embouchure dans l’Océan Atlantique lors d’une expédition menée avec la National Geographic. Tous le long des voies ferrées, s’étendent à perte de vue des champs cultivés et des étendues vierges, traversés par des rivières et des cascades exubérantes. Et de chaque côté, le camaïeu de couleurs des montagnes qui encadrent la vallée du Rímac en sortant de Lima, puis la vallée du Mantaro lorsqu’on gravit les hauteurs.

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