Le parc national de Yaguas voit le jour au Pérou - Perù-Excepcion

Le Parc national de Yaguas voit le jour au Pérou

09 mars 2018Environnement

Le Parc de Yaguas, en Amazonie, dans la région de Loreta et d’une superficie de 868 000 ha abrite plus de 3000 espèces végétales et animales.

Depuis janvier dernier, le Pérou compte un nouveau parc national. Il s’agit du Parc de Yaguas, en Amazonie, dans la région de Loreta. A cheval sur les provinces de Putumayo et Mariscal Ramon Castilla, Yaguas est très proche de la frontière Colombienne.

Ce parc, d’une superficie de 868 000 ha équivalente à la Corse, était sujet d’une lutte de 70 communautés ethniques locales pour sa sauvegarde depuis une trentaine d’années. En effet, il abrite plus de 3000 espèces végétales, 600 espèces d’oiseaux, 150 espèces de mammifères et une centaine d’espèces de reptiles, dont plusieurs sont menacées comme le dauphin rose, le jaguar ou la loutre géante.

Ces communautés ethniques souhaitent d’une part la préservation de la biodiversité et d’autre part la sauvegarde d’un territoire considéré sacré dans leur culture. Cette zone est l’un des territoires avec le plus de diversité au monde, et a donc naturellement une énorme valeur écologique. Ce changement de statut est également un signal fort pour la protection de l’environnement : sans cela et le renforcement du contrôle de l’état qui en découle, un arbre sur cinq était amené à disparaître à l’horizon 2040 du fait de la déforestation et l’extraction minière illégale.

Le Pérou n’en est pas à son coup d’essai quand à la mise en place d’un parc national. Le pays en compte en effet 14 autres, outre les différentes zones protégées. Au total, il existe 64 espaces préservés par le gouvernement, catégorisés en parcs nationaux, sanctuaires nationaux et historiques, et réserves. Ces territoires représentent 14% de la surface totale de la nation. Le premier parc national a été établi en 1961. Certaines de ces aires protégées sont administrées par les communautés indigènes locales.

Trois statuts définissent comment exploiter ces zones : les zones de valeur d’usage indirecte qui interdisent tout type d’exploitation industrielle comme l’extraction de minerai, et dont la recherche scientifique ou le tourisme sont soumis à condition. Il s’agit des parcs nationaux, des sanctuaires nationaux et des sanctuaires historiques. Les zones de valeur d’usage direct permettent quelques activités de production, essentiellement gérées par les communautés locales. Il s’agit des  réserves nationales, réserves de préservation du paysage, forêt de protection, réserves communales, zone de chasse et refuges de vie sylvestre. Enfin, les zones de réserves ont un statut transitoire attendant la détermination de leur superficie ou leur catégorisation.

Cette protection est une réelle avancée dans un pays régulièrement controversé pour sa politique environnementale. Plus de 60% des exportations du pays proviennent de l’exploitation minière, et pour encourager cette industrie rémunératrice, l’état a cédé 80% de son territoire amazonien à des compagnies pétrolières, minières et d’exploitation du bois.

Mais c’est surtout l’activité illégale qui représente un risque conséquent pour les tribus indiennes isolées installées ici depuis toujours. Les illégaux n’hésitent pas à  s’installer sur les terres des autochtones, et à créer des routes ou des voies de passage non-autorisées par le gouvernement. D’autre part, l’exploitation de métaux lourds entraîne une contamination de l’environnement, pour lequel on enregistre plusieurs alertes de sécurité sanitaire. Enfin, ces ressources financières n’effacent pas la misère du pays, où presque 50% de la population vit sous le seuil de pauvreté.