Le musée d’ethnographie de Genève dévoile son exposition sur l’Amazonie

Le musée d’ethnographie de Genève dévoile son exposition sur l’Amazonie

22 juillet 2016Evénements

Entre chamanisme et mystique, le musée de l’ethnographie de Genève (MEG) propose une exposition sur les tribus d’Amazonie.

Le musée d’ethnographie de Genève dévoile son exposition sur l’AmazonieUne culture florissante

Genève se met au vert tropical, hallucinant des mystères de l’Amazonie. L’exposition Le chamane et la pensée de la forêt nous présente ainsi l’Amazonie sous sa forme la plus humaine. Exit la faune et la flore luxuriante, ici seul un fond sonore nous rappelle le chant des colibris et les bruissements des arbres. Le cœur de l’exposition est tout autre : c’est la tribu, essentiellement spirituelle, qui nous intéresse. A travers plus de 15 ethnies d’Amazonie, le MEG, qui est l’un des musées possédant la plus grande collection d’objets issus de l’Amazonie tribale, nous fait voyager à travers les traditions de ces peuples intrigants. Vous vous déplacez ainsi parmi les coiffes de plumes, les arcs, les sarbacanes, les instruments de musique et les céramiques pour pénétrer toujours un peu plus les secrets de ces mondes reculés. Cette culture si riche et si variée d’une tribu à l’autre permet ainsi de s’approcher au plus près d’une certaine forme d’organisation et de pensée au sein de la forêt.

La véritable pensée de la forêt

Mais la réelle nouveauté de cette exposition se situe dans son approche chamanique de l’Amazonie. Le chamane, dans une tribu, est un intermédiaire, un lien entre le monde des esprits et le monde réel. Fantasme de toute une génération de jeunes  baroudeurs à la recherche de trips psychédéliques et hallucinogènes, le chamane est devenu dans l’imaginaire collectif une forme de gourou. Cependant, bien qu’il propose des expériences intérieures très puissantes, notamment grâce à l’Ayahuasca, ce mélange très fort à base de lianes, il est à la fois le médecin, voyant, sage et conseiller du village. Le chamane oriente la vie spirituelle des tribus, il les divise, les unit et crée une réelle densité et profondeur au sein de ces populations. Il incarne à lui seul la pensée de la forêt. Car la forêt est politique et spirituelle beaucoup plus qu’on ne le pense. La véritable réussite du MEG est ainsi de prendre le contrepied du lieu commun qui voit simplement dans ces tribus une forme de primitivité. L’exposition refuse ainsi le préjugé qui attribue à ces peuples une vie passive où la communion idéalisée avec la nature prend le dessus sur toute forme de réflexion. D’ailleurs, la nature n’y tient qu’une place secondaire.

D’une pensée à un combat

Ce cheminement retracé par l’exposition s’appréhende ainsi de manières diverses par des luttes et des combats. A travers de nombreux témoignages de chefs et de chamanes, des photos, mais aussi des fragments d’histoires, on découvre des tribus meurtries, persécutées qui ont fait preuve d’une véritable capacité de résilience face aux dangers extérieurs. Toujours d’actualité, l’exposition aborde des thèmes tels que les droits des indigènes, la lutte pour la survie d’un écosystème ou encore la défense d’un héritage traditionnel qui tend à s’éteindre. Les voix des chamanes se font entendre : la forêt pense bel et bien et parfois se rebelle.

En marge de cette exposition, le MEG propose une exposition de photographies Couleurs d’Amazonie hors mur, à la rencontre de la flore sauvage.

Plus d’information sur le site du Musée d’Ethnographie à Genève