Des pommes de terre péruviennes sur Mars ?

Des pommes de terre péruviennes un jour sur Mars ?

03 août 2016Environnement

La Nasa et le Centre international de la pomme de terre (CIP) essaient d'adapter la culture des tubercules à la planète rouge.

Des pommes de terre un jour sur Mars

La Nasa et le Centre international de la pomme de terre (CIP) ont décidé de s’associer dans une aventure pour le moins originale. Il s’agit d’examiner s’il est possible de cultiver des tubercules sur la planète Mars.

L’éternelle question de la vie sur Mars

Cette aventure n’est pas sans rappeler le film Seul sur mars de Ridley Scott sorti en 2015, dans lequel le héros joué par Matt Damon essaie de survivre ainsi. Mais il ne s’agit cette fois pas de fiction. Pour vérifier si les conditions nécessaires à la culture de pomme de terre sont réunies sur la planète rouge, les chercheurs du Centre international de la pomme de terre ont essayé de reconstituer un lieu le plus similaire possible à Mars.

Une recherche scientifique très sérieuse

Ils ont d’abord recueilli 80 kg de terre de La Pampa de La Joya, à 70 km d’Arequipa, sur le littoral de l’Océan Pacifique. Des chercheurs avaient repéré depuis des années le site de Pampa de La Joya pour sa forte similitude avec la planète Mars. Cette zone est extrêmement pauvre en matière organique, encore plus que dans le très aride désert d’Atacama, grâce à l’effet très oxydant de son sol. La présence importante de pierres volcaniques est un autre point de ressemblance avec la planète Mars.

Pour le reste, il s’agit de copier le plus fidèlement possible les conditions atmosphériques de Mars, pour que le test soit réellement probant. Les chercheurs dosent régulièrement et soigneusement la température, les forces de gravité, les radiations et la teneur en humidité dans un centre de recherche de haute technologie situé à Lima.

Un laboratoire a été installé à Lima pour analyser le plus finement possible les réactions de plants de pommes de terre dans un environnement qui imite la planète Mars. Les chercheurs y cultivent une sélection de 9 variétés choisies parmi les plus résistantes et adaptées à l’aridité extrême.
En augmentant le taux de dioxyde de carbone pour s’approcher de la teneur de la planète Mars, il est possible de générer un rendement de deux à quatre fois supérieur aux récoltes habituelles sur la Terre. Il reste difficile de mesurer si les pommes de terre peuvent pousser avec 95% de dioxyde de carbone dans l’atmosphère.

Les usages potentiels d’une pomme de terre ultra résistante

La pomme de terre péruvienne se décline en diverses variétés dont certains sont devenues ultra résistantes pour affronter l’altitude et le froid de la Cordillère et l’altiplano andin. Le CIP (Centre International de la Pomme de terre) a été fondé en 1971 comme conservatoire de l’incroyable diversité génétique de ce tubercule. Sa banque génétique garde plus 4000 variétés de pomme de terre et 8000 de patate douce, soit 80% des variétés existant dans le monde. Cette expérience permet de tester dans des conditions extrêmes l’adaptation de la pomme de terre aux environnements hostiles.

Rien n’interdit la NASA d’imaginer des expéditions spatiales libérées du surpoids des provisions de denrées alimentaires, le jour où les cosmonautes seront à même de produire leurs aliments durant leur mission.
Et au CIP, on se prend à rêver de communautés agricoles sur d’autres planètes, qui pourraient même subvenir aux besoins alimentaires toujours croissants de la Terre.

Excellente source de vitamine C, fer et zinc, la pomme de terre est un excellent remède contre la malnutrition. Une piste étonnante, mais à ne pas exclure au moment où le réchauffement de la planète met en péril la sécurité alimentaire de certains peuples.