Rímac, un joyau de Lima au Patrimoine Mondial de l’Unesco

Rímac, un joyau de Lima au Patrimoine Mondial de l’Unesco

15 octobre 2015Culture et Patrimoine

Le quartier méconnu de Rímac est enfin mis en valeur comme une zone essentielle du patrimoine historique de Lima.

Eglises de Rimac, Lima

Le quartier méconnu de Rímac renferme 40% du patrimoine historique de Lima. Délaissé durant de nombreuses années, il est actuellement l’objet de grands chantiers de réhabilitation.
L’Unesco a fait le pari d’entériner la mise en valeur en cours sans attendre la fin des travaux, en l’inscrivant en avril 2015 sur la liste très prisée du Patrimoine Mondial. Cette démarche appuie la volonté de restaurer les sites classés du quartier, et de les valoriser auprès des liméniens comme des touristes.
On peut citer douze sites essentiels qui façonnent la physionomie coloniale unique du quartier du Rímac, autrefois surnommé la nouvelle Triana, en référence aux rives du Guadalquivir à Séville.

La rue piétonne (située derrière le palais du gouvernement) part du pont de pierre avec des églises et des demeures historiques jusqu’à la promenade de los Descalzos.

La chapelle de NS del  Rosario (à 2 rues de l’avenue Trujillo) est connue comme l’une des plus petites églises au monde avec ses 12 m de long sur 5 m de large et 10 m de haut. Elle a tous les attributs de l’église coloniale du XVIIe siècle en miniature. Ses deux clochers se frayent un petit passage entre les balcons républicains et les magasins voisins.

L’église San Lázaro (503 rue Trujillo) se dresse à l’emplacement d’une ancienne léproserie devenue un cimetière. Sa place créée en 1645 était le passage obligé de tous les vice-rois, qui venaient se recueillir dans cette première église du quartier.

La paroisse San Lorenzo (à l’angle des rues Libertad et Pataz) est une des rares survivantes des nombreux tremblements de terre de Lima. On peut y admirer 6 autels néoclassiques qui datent de sa construction en 1834.

La plaza de acho (au pied du cerro San Cristóbal) fête ses 250 ans en 2016, ce qui fait d’elle la deuxième plus vieille arène au monde. Elle reste la plus grande d’Amérique latine, avec une capacité de 13.300 personnes et accueille toujours des corridas 5 fois par an.

Le paseo de aguas (entre la plaza de acho et la promenade de los Descalzos) s’inspire de l’aqueduc de la ville méditerranéenne de Narbonne. La légende raconte que le vice roi Amat l’aurait commandé en 1770 en hommage à la Périchole, son amante qui vivait tout près.

L’église Santa Liberata (entre la promenade et le couvent de los Descalzos) rappelle l’emplacement où fut retrouvée en 1711 une custode remplie d’hosties dont le vol avait beaucoup ému la capitale.

La promenade des Descalzos (au carrefour des rues Atahualpa et Patrocinio), dessinée à l’origine par le vice roi Juan de Mendoza y Luna en 1611, est reconstruite par Amat en 1770 sur le modèle de la promenade des Hercules de Séville. Sous le gouvernement de Ramon Castillo en 1856, elle est ornée de deux séries de 12 sculptures de marbre qui représentent les signes du zodiaque et des personnages mythologiques pour chacun des mois de l’année.

Le musée des Descalzados  (Alameda de los Descalzos) ouvert dans l’ancien couvent en 1981, présente de nombreuses toiles des écoles de Cusco, Lima et Quito.

Le couvent des Descalzados (Alameda de los Descalzos) construit en 1595 dans une zone alors éloignée de la ville, est toujours un lieu de prière cloîtré, qui n’est pas ouvert au public.

La quinta Presa (344 rue Chira) qui remonte à 1795, est la dernière demeure de campagne à témoigner de l’époque où la haute société liménienne profitait de ses hectares de champs aux portes de Lima.

La paroisse de San Juan Bautista de Amacaes (au croisement des avenues du 24 juin et Amacaes) a été construite en 1650 suite à une lettre transmise par une enfant au supérieur des Dominicains pour construire une église là où il trouvait le visage du Christ.

Aujourd’hui membre de l’Organisation des Cités du Patrimoine Mondial (OCPM), Lima a l’opportunité de renouer avec le centre colonial de la ville, où elle est née. Quasiment toute la période républicaine a tourné le dos à la rivière, en laissant de côté les quartiers des rives du río Hablador.
Il est temps de réconcilier les diverses époques qui ont façonné son identité si métisse et diverse. On se prend à rêver que les belles traditions du quartier vont renaître de leurs cendres. Tous les 24 juin, la fête d’Amancaes était l’occasion de réjouissances entre les arènes et le restaurant renommé Rosita Ríos.
Il faut toutefois encore un peu de patience pour profiter du quartier dans toute sa splendeur retrouvée. Pour l’instant, les édifices historiques peuvent justifier une visite ponctuelle, mais les alentours restent assez délabrés et les promenades sont encore en cours de restauration. Un processus de récupération que l’on espère accéléré par le geste fort de l’Unesco.