Découverte de 24 nouvelles lignes de Nazca au Pérou.

Découverte inattendue de 24 nouvelles lignes de Nazca

13 juillet 2015Culture et Patrimoine

Des bourrasques de 60 km/h ont balayé la région d’Ica et désensablé à la suprise de tous un ensemble encore inconnu de géoglyphes.

Géoglyphe de Nazca

Des bourrasques de 60 km/h ont balayé la région d’Ica du 1er au 4 juillet, et désensablé à la suprise de tous un ensemble encore inconnu de géoglyphes. C’est le pilote et chercheur Eduardo Herrán Gómez de la Torre qui les a découvertes le premier en survolant la zone à bord de son petit avion.

L’équipe d’archéologues japonais de l’Université de Yamagata, en charge des fouilles sur site depuis 2004, a confirmé l’importance de la découverte. La publication officielle des coordonnées géographiques de ces motifs fragiles, tracés à même le sol, va permettre de les inscrire sur le registre national des biens culturels péruviens, et de les protéger de la destruction. Une mesure d’autant plus urgente, note l’archéologue Masato Sakai, que la ville de Nazca connaît une forte expansion urbaine dont le front n’est qu’à 1,5 km des géoglyphes.

Les géoglyphes se situent sur les pentes de deux collines de part et d’autre de la vallée d’El Ingenio. Certains ornent les alentours des pampas San José et Jumana où se concentrent les Lignes de Nasca les plus connues dans le monde. Le nouveau serpent de 60 mètres de long sur 4 mètres de large est même le voisin du célèbre colibri. D’autres s’étendent sur la droite de la vallée d’El Ingenio, dans les environs de Changuillo. Un oiseau et une ligne en zigzag y longent une famille de camélidés sur 60 mètres de long et 35 mètres de large.

Les motifs représentés évoquent la période de transition entre les cultures Paracas et Nazca, il y a plus de 2000 ans. Ce sont donc les plus anciens des géoglyphes de cette zone, tracés avant même le colibri ou le singe. Pour Giuseppe Orefici Pecci, directeur du projet archéologique Nazca, cette découverte pourrait apporter des éléments capitaux dans la recherche des liens rituels qu’entretenait la culture nazca avec l’eau.

Passée la stupeur de découvrir un tel trésor resté si longtemps sous le nez de milliers de touristes qui survolent la région, il faut se souvenir qu’il a fallu attendre 1930 et les travaux de Maria Reiche pour découvrir les premiers géoglyphes, faute d’un point de vue surplombant les étendues désertiques de la pampa. Ces immenses dessins tracés à plat échappent en effet souvent à un coup d’oeil à l’horizontale. Peut-être d’autres lignes attendent elles encore les circonstances météorologiques favorables pour se dévoiler !

Pour en savoir plus, découvrez en exclusivité nos photographies de la région, et nos clichés des géoglyphes vus d’avion.